Où va l’économie mondiale à moyen-long terme ? – N°1

Par Jean Christophe Bataille

Forecast image type

J’ai beaucoup hésité et réfléchi avant de proposer cette série d’articles. L’exercice de la prévision économique à moyen long terme est en effet toujours périlleux. Je vais tout de même essayer de faire une prospective pour l’économie mondiale et d’expliquer pourquoi le patrimoine type du Forecast de Futures est pour l’instant pourvu en matières premières, en énergie, en actions émergentes que nous renforçons à la moindre baisse des marchés et pourquoi il accumule des actifs en monnaies potentiellement fortes : Yuan, dollar autralien et dollar canadien. Les idées avancées doivent être largement discutées car de nombreuses incertitudes existent sur les évolutions à venir.

Analyse

Les perspectives de valorisation des actifs occidentaux seraient sans doute très mauvaises sans les créations monétaires de ces dernières années et la déflation ferait rage. J’ai déjà dit combien je pensais que les mesures d’urgence prises par les banques centrales avaient été salutaires dans cette crise. Toutefois, nul ne peut vraiment savoir quand les mesures d’assouplissement monétaire vont s’arrêter et quelle sera l’issue de cette crise majeure. L’objectif atteint par ces mesures a été, à l’évidence, de resolvabiliser les acteurs économiques américains et européens en apportant de la liquidité et, si nous extrapolons sur les intentions actuelles de Ben Bernake, en essayant de créer de l’inflation. Cette inflation finira à mon avis par se produire mais les scénarios qui peuvent y conduire sont au nombre de quatre :


A. Une inflation importée liée, entre autres facteurs, à une montée excessive du prix des matières premières en dollars. L’inflation se ferait via les émergents. C’est la tendance actuelle et sans exclure les autres, ce serait pour moi le scénario le plus probable.

La séquence serait la suivante :

1. Le Quantitative Easing 2 se déverserait sur les matières premières pendant de nombreux mois.

2. Le prix des matières premières deviendrait encore plus élevé qu’aujourdhui du fait des liquidités créées. L’inflation monterait chez les émergents, ce qui est dejà le cas.

3. Y aurait-il un Quantitative Easing 3 ? Si c’est le cas, retour à la case 1.

4. Les émergents augmenteraient progressivemement leurs taux courts et taxeraient les entrées de capitaux pour protéger leur monnaie et éviter une dérive inflationniste. C’est ce qu’ils font déjà. Le risque le plus important pour eux est celui de l’inflation des produits alimentaires et des troubles sociaux qu’elle entrainerait (émeutes de la faim). Les chinois se souviennent parfaitement que les évènements de Tien an Men ont été provoqués par une inflation brutale des denrées alimentaires. La Chine subit déjà 60 % d’augmentation de ces produits et si la classe moyenne est devenu importante, il existe encore beaucoup de gens pauvres en Chine qui ne supporteront pas cette inflation, en tout cas pas sans hausse des salaires. Ce risque impliquerait une réaction très vive des autorités chinoises, indiennes et de façon générale chez tous les émergents. La Chine monte déjà ses taux et augmente les ratios de solvabilité de ses banques pour absorber la liquidité. Je parie qu’en cas de tension trop forte sur les prix, elle augmenterait ses taux cours de près de 200 points de base. Le Brésil a déjà commencé à taxer les capitaux étrangers qui pénétrent sur son territoire. La Corée en brandit la menace.

5. Le dollar créé en excès trouverait pourtant son chemin dans l’économie mondiale et cela n’empêcherait pas une appréciation des matières premières qui pourraient être suivie d’une montée des salaires émergents en monnaie courante. Cette solution médiane serait préférable pour la Chine à un coup d’arrêt de son économie par une hausse trop brutale des taux courts. Cette augmentation des salaires serait d’autant plus intéressante pour les émergents qu’elle développerait leurs marché intérieur et conforterait leur indépendance vis à vis du monde occidental. Ces évolutions devraient induire par l’exportation d’une hausse des prix des produits et des services, une poussée inflationniste par les coûts dans beaucoup de pays occidentaux. Reste à savoir lesquels seraient les plus vulnérables à cette inflation … Nombreux seraient ceux qui ne pourraient pas ou ne souhaiteraient pas monter leurs taux courts pour lutter contre la dévalorisation de leur monnaie alors qu’ils auraient largement utilisé la planche à billets pour resolvabiliser leurs acteurs économiques et financiers. Le ressèrement monétaire serait de toute façon moins efficace contre l’inflation importée (celle des occidentaux) que contre l’inflation par la demande (celle des émergents). Le moyen de lutter contre l’inflation importée est d’avoir une monnaie forte conditionnée par une bonne situation financière (ratio recettes sur dettes raisonnable et masse monétaire stable). Ce n’est pas du tout le cas des USA, mais cela pourrait être l’atout de certains pays européens plus stables comme l’Allemagne qui feraient moins d’inflation que les Etats-Unis. Les mécanismes de cette inflation importée sont simples : plus le dollar chute, plus les importations de matières premières coûtent cher à l’Amérique et plus ses prix à la production sont élévés. Plus le dollar chute, plus les produits importés des pays émergents hors Chine lui coûtent cher et plus ses prix à la consommation augmentent. Plus l’inflation augmente en Chine, plus les coûts salariaux en yuans augmentent, plus les prix à la consommation augmentent aux Etats-Unis. Ce qui empêche l’inflation américaine aujourd’hui est la parité fixe Yuan Dollar puisqu’elle permet aux américains de consommer à bas prix (Walmart economy). On peut imaginer la mise en orbite des prix américains et occidentaux en général si les pays émergents disparaissaient d’un coup. Faut-il y trouver l’explication des exigences américaines sur la réévaluation du Yuan pour stimuler l’inflation aux USA ? Le Quantitative Easing 2 ne pourrait-il pas être une bonne façon d’augmenter la parité de change réelle Yuan / Dollar malgré une parité fixe très basse en nominal ? Enfin, si tous les prix à la consommation augmentaient fortement aux USA, je reste persuadé que les salaires seraient indexés sur les IPC, quel que soit le niveau du chomage. Cf. années 70.

6. La hausse des taux courts des émergents, la baisse de l’investissement et la montée excessive du prix des matières premières finiraient par freiner la croissance des émergents et par ricochet celle des occidentaux déjà mal en point. On observerait alors une stagflation récession avec pentification majeure de la courbe des taux dans certains pays occidentaux incapables de lutter contre la dévalorisation monétaire sous peine de faire plonger gravement leur économie. On ne constaterait en revanche qu’un ralentissement appuyé chez les émergents dans un contexte de désinflation salutaire pour eux, comme durant la crise de 2008-2009. Cette stagflation en occident aurait cependant pour effet de nous désendetter à bon compte. C’est la solution qui a été mise en oeuvre par les américains pour apurer la dette de leur pays après la guerre de 1940.

7. L’appréciation des matières premières et des actions émergents très importante en monnaies occidentales pourrait se poursuivre pour atteindre des sommets et perdurer jusqu’à ce que la décision de ressérer l’étau monétaire soit prise. Autant dire que la bulle des matières premières devrait durer jusqu’à ce que l’endettement global occidental ait atteint un niveau plus raisonnable. L’annonce de la hausse des taux courts occidentaux devrait être le signal pour nous de l’arbitrage d’une partie de nos matières premières et de nos actions émergentes contre des produits de taux à échéance longue.

7. Le caractère très excessif du prix atteint par les matières et l’action conjuguée de la hausse des taux courts pourrait engendrer un contre choc et une nouvelle récession mondiale. Elle pourrait en revanche venir progressivement à bout de l’inflation. Les matières premières rechuteraient alors dans les monnaies fortes (yuan décorrélé du dollar ?, euro soutenu par une politique de rigueur à l’allemande, réal brésilien ? dollar australien ?) et baisseraient moins en monnaie courante pour les monnaies faibles (dollar, livre anglaise ?, yen ?, euro si l’allemagne perd son combat ?).

8. Ce serait alors le moment de renforcer les matières premières dans les portefeuilles en particulier si l’euro a tenu bon car celles-ci seront pour la plupart condamnées à regrimper fortement en tendance long terme.

B. Une fuite devant le dollar ou hyperinflation après un krach obligataire aux USA.

La séquence serait plus simple :

1. Les créanciers habituels de l’Amérique fuient actuellement le dollar. Leur désengagement sur la portion longue des taux devient préoccupant. C’est une des raisons de l’assouplissement monétaire N°2.

2. Si l’émission de dollars ex-nihilo se poursuivait, la demande venant de l’étranger pour la dette américaine risquerait de tendre vers zéro, les mesures non conventionnelles prenant le relais de cette fuite devant le dollar.

3. Les américains eux-même finiraient par prendre conscience que l’argent de leur épargne et de leur retraite par capitalisation serait en train de se déprécier fortement par dilution dans une émission monétaire sans rapport avec la progression des richesses créées.

4. Les fonds obligataires et les plans de retraite américains subiraient dans ce cas des sorties massives de capitaux, en déclenchant un krach obligataire avec ascension brutale des taux longs aux Etats-Unis mais aussi partout ailleurs.

5. Les capitaux iraient se réfugier sur les biens tangibles dont la valeur faciale augmenterait de façon considérable.

6. La seule solution pour éviter la désintégration des patrimoines serait de posséder des biens tangibles comme de l’immobilier, de l’or, de l’argent, des sociétés minières de matières premières, des actions à haut rendement pérennes, des oeuvres d’art de grande notoriété, des forêts, une voiture, un vélo, une pompe à vélo, etc  … Tout bien tangible qui ne serait pas de la dette, du cash ou même des actions cycliques occidentales !

7. Les trackers baissiers sur les T bonds avec levier 2 ou les shorts CFD obligataires verraient leur valeur exploser. En posséder serait une énorme sécurité mais le coût du portage des CFD ou le béta slippage des trackers doivent nous conduire à un parfait timing d’achat. J’y réfléchis très sérieusement en produit d’assurance couverture contre l’hyperinflation .

8. Ce scénario serait dévastateur pour les monnaies occidentales. La couverture en or physique serait le meilleur recours.

Cette hypothèse n’est pas la plus probable pour moi bien qu’elle soit mis en avant par bon nombre de publications catastrophistes (GEAB en particulier). Le Japon a prouvé que les épargnants domestiques d’un pays pouvaient acheter pendant longtemps sa dette au delà des ratios de solvabilité. Si les rachats de nouvelles dettes par la FED se poursuivent et si les caisses de retraite US continuent à les acquérir, le krach obligataire américain pourrait se faire attendre encore un bon moment, surtout si une inflation par les coûts vient entre temps apurer progressivement la dette …

C. Une fuite devant l’euro ou hyperinflation après un krach obligataire européen qui se généraliserait au monde occidental.


C’est la crainte nourrie par les marchés actuellement.

1. Les pays en difficulté comme la Grèce et l’Irlande contamineraient d’autres pays européens un peu moins fragiles et pousserait les taux de refinancement à long terme à des niveaux insupportables.
2. La montée des taux longs des PIGs ferait croitre leur dette sans perspective de sortie de crise obligataire.
3. L’euro poursuivrait sa chute jusqu’à ce qu’une décision politique soit prise.

4. La restructuration de la dette de certains PIGs serait mis en oeuvre et ces pays sortiraient de l’euro qui resterait la monnaie d’un noyeau dur comprenant la France. Autre scénario : la zone euro exploserait complètement et chaque pays retrouverait sa monnaie d’avant 2001. Cette deuxième solution me parait être la moins probable.

5. L’Amérique serait contaminée et la dette américaine ne tiendrait pas longtemps nous ramenant à l’hypothèse B. pour le dollar. La divergence actuelle entre le CAC 40 et le SP 500 devant le problèmes des dettes souveraines relève pour moi essentiellement de l’autisme américain.

5. L’or monterait en euros dans un premier temps pour rebaisser ensuite rapidement si une zone euro à quelques pays solides continuait d’exister. Dans ce cas, l’euro pourrait devenir une monnaie beaucoup plus forte que le dollar et serait sous la tutelle de l’Allemagne qui n’en est pas à son coup d’essai.


Cette hypothèse C dont la probabilité n’est pas négligeable, n’est pas mon scénario central car la crise est avant tout d’origine américaine et si on devait observer une fuite devant la monnaie, c’est ce pays qui devrait donner le top départ de la déflagration monétaire. Sa situation est à mon avis plus mauvaise globalement que la situation européenne si on exclue la Grèce et l’Irlande. Je m’en expliquerai dans le deuxième article de cette série.

D. L’inflation ne se déclencherait pas rapidement selon A B ou C car la montée des matières premières et la hausse des taux créeraient une récession par asphyxie de l’économie avec double dip mondial avant d’avoir pu relancer les prix. On observerait un cycle déflation-slumpflation.

C’est l’hypothèse dans laquelle pourraient se réfugier les déflationnistes après l’échec de la théorie de la déflation directe liée au deleveraging occidental. Ce serait la plus avantageuse dans un premier temps pour les rentiers obligataires, la pire pour la jeunesse et le futur de l’économie mondiale. La dépression ferait rage et l’endettement deviendrait chroniquement irrécouvrable en occident du fait de la chute du prix des biens, du plongeon des IPC et des salaires, et de la surévaluation croissante en monnaie constante du service de la dette. Les agents économiques endettés publics ou privés finiraient par faire défaut, ce qui engendrerait une hyperinflation beaucoup plus grave et assimilable à une slumpflation. C’est le modèle de ce qu’a subi l’Argentine en 1998. Dans un cadre beaucoup plus large, englobant de nombreux pays, le risque de conflits et de guerres civiles serait majeur. Cf la fin des années 30.

Cette hypothèse est pour moi la moins probable. Les émergents devraient continuer à tirer largement l’économie mondiale malgré une atonie très prolongée en occident. La hausse des taux longs devraient être contrôlée par les mesures non conventionnelles et les achats domestiques d’obligations souveraines pendant encore longtemps. L’histoire l’a prouvé, la récession et le contre-choc liés à la hausse des matières premières sont arrivés bien après la stagflation importée dans les années 70. Je ne vois aucune raison pour que le mécanisme s’inverse ce coup-ci. D’autre part, les grands états feront tout pour affaiblir profondément leur monnaie plutôt que de rendre leurs dettes irrécouvrables. C’est la voie choisie par les grandes banques centrales. Je l’ai déjà dit, c’est pour moi de loin le chemin le plus pertinent pour résoudre cette crise à long terme.

A venir : Où va l’économie mondiale à moyen-long terme ? – N°2

25 réflexions au sujet de « Où va l’économie mondiale à moyen-long terme ? – N°1 »

  1. Merci Jean-Christophe pour ce premier article détaillé et argumenté absolument passionnant !

    A lire et à relire. A ce stade de la crise il est bien difficile de trancher parmi ces différents scénarios.

    Le débat est ouvert !

  2. Pareil, merci pour ce nouvel article et pour ton oeuvre sur over-blog, qui commence à devenir conséquente.

    Un de ces quatre, il faudra que tu ouvres une boite postale pour qu’on t’offre une caisse de bon vin quand même.
    : )

    @+, Dex!

  3. Un autre scénario : les peuples de tous les pays en ayant ras-le-bol de se faire manger la laine sur le dos par les marchés financiers envahissent les Bourses pour les détruire…On change
    l’économie, on arrête la sacro-sainte croissance…et on cultive notre jardin (bio). Après tout en 1789, on a bien pris la Bastille sans que personne ne l’ait prévu d’avance. Mais je suis
    peut-être trop optimiste !

  4. @Guern, c’est sympa ton idée, mais je suis en appartement.
    Nous sommes hélas nombreux dans cette situation.

    Peut-être qu’avec un bon prêt à taux zéro, je pourrais investir dans une maison avec jardin ceci-dit.
    Ha bin non, zut, dans ton scénario, on détruit les banques.
    Bon, en plus, je bosse dans l’informatique.
    Je suis pas sur que le terciaire se porte très bien après la révolution…

    Ne pas oublier que la révolution mange ses enfants.
    Celle de 1789 a laissé la France exangue.
    Notre déclin en tant que puissance économique, même si il était déjà bien engagé, ainsi que les déroutes militaires qui s’en sont suivies lui doivent beaucoup.
    Bin oui, ce sont les ricains qui ont gagné les deux guerres mondiales.
    Initialement, on s’est plutôt fait dérouiller par l’Allemagne à chaque fois.

    Bref, le ras-le-bol, intuitivement, je suis plutôt pour, mais je préfère attendre un peu avant de jeter le bébé avec l’eau du bain.
    …même si l’idée est parfois plaisante.

  5. Passionnant et très instructif!

    Une question tout de même, jean-christophe, concernant l’arbitrage à effectuer en cas de hausse des taux courts occidentaux qui « devrait être le signal pour nous de
    l’arbitrage d’une partie de nos matières premières et de nos actions émergentes contre des produits de taux à échéance longue » . Compte tenu de l’incapacité que l’on aurait à évaluer
    l’ampleur de la hausse des taux en question et  la durée d’une inéluctable période d’inflation, est il judicieux de s’exposer en cas de remontée des taux courts sur des obligations longues,
    dont la sensibilité au risque de taux est, en outre, plus élevée.

    Merci encore pour cet excellent article.

  6. Bonsoir Flo,

    Si les banques centrales décidaient de monter significativement les taux courts, les taux longs qui sont eux fixés par le marché baisseraient en anticipation de la baisse de l’inflation. Cette
    baisse des taux avec aplatissement de la courbe des taux conduirait mécaniquement par simple actualisation des coupons à une hausse très forte des obligations à long terme. C’est ce qui s’est
    passé pendant des années après que Paul Volker ait fait monter les taux d’émissions monétaires par la FED pour mettre un coup d’arret à l’inflation.

  7. Le président de la banque centrale allemande Axel Weber a reconnu l’existence de « problèmes » au sein de la zone euro, tout en n’imaginant pas une solution sans l’euro pour l’avenir.

    « Bien sûr, nous rencontrons des problèmes mais quelle est l’alternative? Je ne peux pas m’imaginer une alternative sans l’euro », a-t-il déclaré, appelant à juger cette monnaie non à court terme,
    mais à long terme.

    « Je crois que l’on ne peut pas juger des défauts à long terme de l’euro à l’aune des événements de cette année. Nous devons envisager l’euro comme un projet à long terme. Et je crois que nous
    Allemands, comme noyau de cette union monétaire, faisons bien de nous y tenir », a-t-il jugé.

    « Ce n’est pas l’euro qui est en danger. Ce sont les politiques budgétaires de certains Etats membres qui ont dérapé », a-t-il encore ajouté.

     

    Source Boursorama

  8. Bonjour à tous,

    merci jean christophe pour l’article qui répond à des questions pratiques (j’avais rédigé un commentaire sur la file prospective nov) .

    Cependant, dire que la zone la plus touchée est la zone US et que c’est elle qui DEVRAIT être atteinte par la fuite devant sa monnaie me parait non vérifiée; OK la FED rachète à tour de bras les
    émissions du trésor US (car les émergents n’en veulent +) mais l’ensemble US n’a qu’un maitre à bord! et ça change beaucoup de chose

    L’europe, elle, parle plusieurs voix; ça tire d’un coté pour sauver les banques, les etats; et l’autre cotée  (allemagne) n’en veut pas. c’EST LE BROUHAHA!!!

    et pendant ce temps là, les taux montent pour l’espagne.

    Je suis d’accord que les + touchés c’est les US mais ils communiquent mieux!

     

    L’affaire de l’irlande, puis protugal et espagne permet aux US et à son affiliée  UK de ne pas être exposés par les « projecteurs de financiers » ( la city?!).

    ce qui permet de montrer la brindille que l’autre à dans l’oeil pour ne pas voir la poutre dans le sien.

    Tant qu’il y a dissenssion en UE, la grande bretagne et US ne risquent rien et ils jouent coup double: se protéger et affaiblir une monnaie/un bloc qui pouvait leur faire de l’ombre.

  9. Well done JC !  ça t’a sûrement pris du temps, merci.

    Oui, le A aussi.

    Pour info, lors d’une réunion en début de semaine avec des gérants sur Paris, le Yuan a été classée comme étant dans les toutes premières devises les plus « refuges » sur les prochaines années.

    Donc, à défaut d’aller au bureau de change du coin : ChinAbsolute N pour quelques petits % du patrimoine.

     

  10. Finalement, tout cela nous ramène aux fondamentaux. Les occidentaux ont vécu à crédit massivement, situation permise par une finance élitiste et opaque capable de créer et vendre
    des outils sophistiqués et  indigestes dont un des principaux objectifs était et reste la création de monnaie sans contrepartie physique (ie ce que l’on appelle vulgairement le
    levier) générant de généreuses commissions pour leurs promoteurs. Quels sont les pays ayant des balances courantes positives et une monnaie qui s’apprécie chaque jour. Les pays qui ont créé de la
    valeur sans que les actifs recyclés dans l’économie ne soient outrageusement mobilisés pour créer de la monnaie dans une large mesure ex nihilo. Ceux qui paieront l’ardoise seront ceux qui, dans
    un jeu global à somme nulle ont systématiquement gagé la richesse créée contre un montant bien plus que proportionnel à la valeur des biens ou services effectivement produits. Si il n’y avait pas
    de prêteurs en dernier ressort gageant eux mêmes leur irresponsabilité sur la capacité (rêvée?) des générations futures à réparer leurs erreurs passées (ie « après moi le déluge ») dans ce système
    financier occidental vicié par l’abondance de monnaie sans contrepartie, nous serions amenés à voyager dans les pays émergents non pas pour les visiter mais pour y mendier.

    Qui sait? l’Histoire a réservé bien des surprises aux Puissants ou prétendus tels.

  11. Article de Louis Yang

    Cette année, la Chine est devenue la 2ème puissance mondiale. Quels sont les défis de ce pays qu’on qualifie encore d’émergent ?

    Le miracle économique des 30 dernières années

    A la fin des années 1970, Deng Xiao Ping propulsa la Chine dans une nouvelle ère, celle de la reconquête de sa splendeur passée des dynasties des Song et des Tang.

    On se souvient de sa célèbre phrase : « peu importe qu’un chat soit blanc ou noir s’il attrape la souris ». Il était temps pour les Chinois de s’enrichir. En 1986, la notion de propriété était
    partiellement restaurée avec le droit d’user, de profiter et de disposer d’un bien. En 2007, une loi historique sur la propriété privée fût définitivement adoptée.

    Le Chine a ainsi connu en 30 ans un développement sans précédent, lui permettant de renverser la prédominance des pays occidentaux sur l’économie mondiale.

    La Chine sort grandie de la crise des subprimes

    La crise des subprimes n’a fait que consolider ce changement de polarité. Le plan de relance du gouvernement chinois est un succès. L’économie du pays a certes ralenti durant la crise mais elle
    n’a pas connu de récession. Selon le FMI, le PIB de la
    Chine devrait croître de 10% en 2010, contre 2,3% pour les économies des pays développés.

    Alors qu’une grande partie des pays européens, endettés à plus de 80% de leur PIB, s’enfoncent dans une nouvelle crise dont on
    ne semble pas apercevoir la fin, la Chine, peu endettée (20 % de son PIB), poursuit sa croissance.

    L’émergence de nouveaux leaders chinois dans des secteurs longtemps considérés comme la chasse gardée des pays développés témoigne également de l’émergence de l’empire du milieu : les
    transports (CSR), l’automobile (Geely), l’énergie (Huaneng Power), la banque (ICBC), les telecoms (Huawei), etc.

    Les entreprises chinoises sont devenues de redoutables concurrents dans tous les secteurs clés de l’économie. Quelques exemples : ICBC est la première banque au monde en terme de capitalisation, Haier, le premier groupe électroménager au monde en terme de chiffre d’affaires.

    Les défis de la Chine du XXIème siècle

    Malgré sa croissance insolente, la faiblesse de la demande dans les pays occidentaux réduit les marges de manœuvre de la Chine, qui doit se concentrer sur son marché intérieur.

    Or, une bulle du crédit est en train de se former en Chine. A Shanghai, le prix au mètre carré peut atteindre 10 000 euros dans certains quartiers comme celui de Lujiazui. Certains ménages
    chinois sont obligés d’emprunter sur plus de 40 ans pour accéder à la propriété.

    Par ailleurs, la Chine ne dispose pas d’une assurance maladie universelle. Seule une minorité de travailleurs des entreprises étatiques ou des entreprises étrangères en bénéficie.

    Durant le régime communiste, l’accès aux soins étaient gratuits, mais les dépenses de santé ont explosé avec le développement économique. Il n’est plus rare de voir des couples s’endetter sur
    plusieurs années pour pourvoir financer des soins élémentaires.

    L’écart entre les riches et les pauvres en Chine n’a jamais été aussi grand, en particulier entre les villes et les campagnes, les régions côtières et l’intérieur du pays. A tel point parfois
    que les plus défavorisés regrettent Mao. 
    Afin de devenir la superpuissance du XXIème siècle, la Chine devra avant tout pallier les distorsions de son marché intérieur.

    Louis Yang

  12. Juste une reflexion. La France et l’Allemagne, principaux fournisseurs du fonds d’aide europeens, empruntent entre 2 et 3% pour revendre a l’Irlande et a la Grece a 5%. Sur 90MM d’euros, ca
    fait tt de meme 2-3 milliards d’euros transferes vers nos pays. Mme Merkel fustige les cigales, mais en pratique c’est que du benef’.

     

    Reflexion 2. Quand les banques manquaient de fonds propres en 2008-2009, l’etat s’est porte garant, a prete qq MM, qu’il a emprunte sur les marche, donc aupres des banques. Qui ont cree des
    lignes de credit pour acheter ces emprunts AAA, soit de l’argent ex-nihilo. Donc au final, les banques ont cree de l’argent ex-nihilo pour remplir leurs fonds propres. Economiquement rien a
    redire, moralement non plus (l’etat se fait payer pour son role d’agent de confiance et de garant), mais d’un point de vue logique, ca me chiffone.

     

    ++

    DDL

    ps: je n’ai pas verifie les %, mais l’idee est la : cette crise de la dette transfert l’argent des pays les + pauvres vers les + riches.

  13. Bonsoir DDL,

    Ca en dit long sur les nombreux moyens qui nous restent pour résoudre la crise de l’endettement des pigs. Je l’ai dit : je ne suis pas inquiet. L’inflation monétaire est distillée sous toutes ses
    formes, dissimulée ou pas, pour résoudre les problèmes d’endettement.

  14. Egalement un très grand merci à JCB de nous faire partager son expérience et ses idées. Article essentiel et passionnant.

    Je donne deux réactions rapides :

    – à première vue j’ai toujours plutôt pensé scénario 4. C’est effectivement le scénario des déflationnistes, mais je tiens à rappeler que je ne suis pas formatté ainsi par mes lectures d’autres
    blogs, c’était juste ma façon naturel de voir, et j’ai toujours accordé beaucoup de crédit aux idées de JCB. JCB m’a immédiatement convaincu de la pertinence de sa vision et de ses arguments,
    mais je crois que ce n’est pas encore tranché (en tout cas je ne suis pas compétent pour anticiper ni pour juger).

    – Je ne suis pas spécialiste et ne sais pas juger des dangers, mais j’accorde une certaine importance à ce qu’a dit Guern de Bé. Pour faire court, je crois que les dirigeants et experts négligent
    parfois trop le peuple (pour situer, personnellement je suis professionnellement plutôt du côté des premiers mais me sens plus proche des seconds, et je vois régulièrement les dégâts causés par
    un management coupé des réalités). Autrement dit des scénarios purement économiques et financiers ne sont pas forcément appropriés (là aussi pour simplifier, si des évènements exceptionnels comme
    des guerres se déclenchent, elles auraient beau avoir une origine économiques, elles ne rentrent pas facilement dans un scénario purement économiques – c’est le même problème qu’un krach sur un
    marché). Je comprends et partage le point de vue de JCB, mais il faut reconnaître que c’est plus facile d’être calme et d’avoir du self-control quand on a une fortune et qu’on sait la gérer
    (l’inverse étant vrai aussi sans doute). J’ai une mentalité de type « allemand » : je demande avant tout de la stabilité et n’ai aucune envie de dépenser autant d’énergie pour gérer mon patrimoine.
    Je considère avoir mieux à faire en terme de productivité pour moi et pour le groupe. Je crois que le peuple est ainsi. Dans ce point de vue, je ne crois pas qu’on puisse dire que les états ont
    fait ce qu’il fallait en sauvant les banques et en évitant une crise majeure. Je sais que ce qu’ils ont fait est à court terme le plus raisonnable, à long terme peut-être aussi en évitant une
    catastrophe, mais pas sûr, je crains que ce soit une politique de fuite en avant plutôt qu’un pilotage de la crise (façon Bernanke, qui par ailleurs fait surement le meilleur boulot qu’il ait à
    faire, mais ce n’est pas pour autant qu’il réussira). Lorsque la crise s’installera dans les toutes prochaines années, les peuples occidentaux risquent de se réveiller en réalisant qu’une
    certaine classe dirigeante ou de spéculateurs avisés a préservé sa situation pendant la crise voire est partie avec la caisse (j’ai une vision marxiste des choses). La « révolution » (sous une
    forme ou une autre) est une guerre, ça ne fait pas de détails, c’est une abomination, mais je la vois comme possible en tout cas j’aimerais être sûr qu’elle est bien intégrée dans les scénarios.
    Il y a quelques gens à qui profitent les révolutions et beaucoup de gens qui suivent, ne se sentant rien à perdre. Ca dépasse la raison, c’est ainsi lorsque des seuils sont franchis en terme
    d’inégalités et de pauvretés. Je ne sais pas préjuger du futur, ce qui préservera d’une révolte, c’est un maintien d’une certaine richesse et le vieillissement de la population. Sans tomber dans
    le catastrophisme, je pense qu’il ne faut pas sous-estimer ces scénarios (qui n’ont plus grand chose de financiers et économiques, mais politiques et sociaux). Personnellement je n’apprécie pas
    la façon dont la crise est gérée en France ou aux US ou en Irlande, et je ne suis pas sûre que Merkel et Weber auront la possibilité de laisser leurs banques agoniser dans la dette européenne,
    malgré le discours de Merkel (une femme que j’apprécie particulièrement). La révolution est-elle évitable ? Ca chauffe à droite à gauche, rien d’alarmant, mais il ne faudrait pas que des actes
    autrement plus violents se déclenchent. Dans une vision long terme, c’est une question pour moi au coeur des scénarios. La précédente grande dépression était à l’aube d’une guerre mondiale. Je ne
    crois plus trop aux guerres conventionnelles, mais plutôt aux conflits civiles. Je me trompe peut-être de référence, mais c’est plutôt 29 que le choc pétrolier de 70 qui est mon point de repère
    pour la crise actuelle.

    Bon là-dessus je vais relire à tête reposée le texte de JCB.

    Cordialement. P

  15. @ Guern de Bé,

    Pour la Bastille qui ne représentait rien du tout avant juillet 89,c’est pas sûr que personne ne s’y attendait.Les insurrections spontanées c’est rares et en général ça fait long feu.

    Des infos récurrentes semblent indiquer qu’un grand du royaume,partisan d’une monarchie constitutionnele à l’anglaise,dans laquelle il se voyait bien sur le trône de son
    cousin, distribuait des quantités d’or aux Parisiens peu avant le 14…Ce personnage a d’ailleurs voté la mort de Louis XVI.C’était Philippe d’Orléans plus connu sous le nom de Philippe
    Egalté.Louis-Philippe,roi des Français en 1 830 était son descendant direct.

     

    L’idée de Cantona est assez tentante.Histoire de faire pâlir rien que quelques heures ces banquiers pilleurs de contribuables.Qu’en pense-t-on sur ce blog de plus en plus intéressant? 

  16. Bxx, effectivement, contrairement à une idée étonnament répandue, les révolutions, les guerres, les krach économiques et autres catastrophes du genre sont toujours prévues par une grande partie
    des observateurs. Par contre je pense que ces événements surprennent toujours, car ils représentent un changement d’environnement « dramatique », qu’on ne peut réellement anticiper (autrement que
    rationnellement, mais il faut lutter contre le biais émotionnel). C’est d’ailleurs ce qui me fait penser qu’on est encore loin de tels scénarios actuellement, la dégradation des climats sociaux
    et politiques est lente. Mais à 10-15 ans, tout me parait possible.

    L’étude Natixis

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=55580

    est en lien avec les scénarios de JCB. Leur thèse est que les émergents pratiquent une politique monétaire anti-inflationniste, y compris sur le prix des MP, ce qui devrait conduire à un
    ralentissement de la croissance mondiale. Leur thèse me semble un peu académique (disons figée sur les indicateurs présents, mais n’anticipant pas le futur) et j’ai du mal à y adhérer
    complètement. Finalement la question posée par JCB est essentiellement politique : les peuples et leurs dirigeants, en particulier les pays émergents, sont-ils prêts à poursuivre, ou à adopter,
    les méthodes des pays avancés (en gros individualisme et prédation), tout laisse penser que oui, ou auront-ils des objectifs de régulation et de préservation ? Cigale ou fourmi, protectionnisme
    ou coopération… L’avenir économique pourrait dépendre de ces choix politiques et sociaux. Bien que ces  questions soient évidemment conditionnées, comme le souligne JCB, par l’état des
    ressources naturelles et des technologies, il se peut que des périodes de transition soient conditionnées par les comportements individuels et collectifs.

  17. Bonsoir Pariste,

    Les analystes de Natexis m’amusent car cela fait deux ans qu’ils sont déflationnistes et qu’ils essaient de prouver que l’inflation ne peut pas se produire. On sent toutefois qu’ils
    doutent de plus en plus. Je publierai un nouvel article demain pour les contredire une fois de plus …

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