Les FCPIs s’émancipent

Par Jef

Qu’est-ce qu’un FCPI ?

Les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) sont des outils de placement collectif qui permettent aux particuliers d’investir dans le capital-investissement. Le statut de FCPI oblige le gérant à faire son marché à 60% dans des PME non côtés dites « innovantes ».

Ce placement se range dans la catégorie des actifs à risque fort. Il convient donc d’appréhender correctement l’histoire que vous raconte votre banquier. Un investissement long terme doit en effet se justifier avant tout financièrement en dehors de toute autre considération. Si ce type de placement permet une défiscalisation, il doit être décidé pour de nombreuses années dans le cadre de la gestion d’un patrimoine déjà constitué. Il ne devrait pas excéder, au cumul des positions, plus de 5% de ce dernier.

Le principe de base à appliquer est de choisir chaque année un gestionnaire différent avec ses propres orientations. On détient ainsi en permanence plusieurs FCPIs avec autant de gestions spécifiques dont la diversité permet de diminuer le risque en maximisant le potentiel de gain.

L’impact fiscal touche deux déclarations : soit l’impôt sur le revenu (IRPP), soit l’impôt sur la fortune (ISF) et l’IRPP cumulés. Sur l’IRPP, la réduction d’impôt (RI) est de 25%, plafonnée à 24 K€ par an, donc 6 K€ maximum de RI.

Le blocage des fonds est au minimum de 5 ans pour tendre vers 8 ans en moyenne (2 ans pour la constitution + 1 an pour la dissolution).

Simulation d’investissement

Patrimoine 2 M€ et IRPP : 5 K€. En respectant le quota de 5% d’actifs à risque fort, on peut investir 100 K€ dans les FCPIs.

Incidence fiscale sur l’IRPP :

Année 1 : 20K€  d’investis pour 5K€  de RI (donc nouvel IRPP = 0)
Idem les années suivantes …
Donc 100K€  investis en 5 ans pour 25 K€  de RI.
Année 8 : on réinvesti les 20 K€ de la première année qui deviennent disponibles. Ces capitaux auront donc servi 2 fois à acheter de la FPCI et donneront ainsi un nouveau gain d’impôt de 25%, donc de 50% en cumul sur la 9ème année.

Incidence fiscale sur l’ISF :

Le raisonnement est le même sauf que les 25% deviennent environ 35% de gains d’impôts ISF et un delta de 7.5% sur IRPP, donc 42.5% au total.
En suivant le même raisonnement, le gain fiscal passe à 85% en cumul.

Un nouveau type de FCPI moins spéculatif apparait cette année

Il autorise les obligations à bons de souscription d’actions (OBSA) et certaines obligations convertibles à entrer dans la composition d’un FCPI. Le gain fiscal n’est alors possible que sur l’IRPP et pas sur l’ISF. En revanche la sécurité du placement est bien meilleure. Peu de gérants travaillent sur ce type de produits. Ils incluent des obligations à maturités courtes de 3 ans en moyenne avec garantie de remboursement du nominal. Cette échéance à 3 ans offre une assez bonne sécurité en cas de remontée des taux. Certains gestionnaires intègrent même une partie de Junk Bonds Européenne hors zone euro qui offre des taux très élevé et peut booster la performance du fond. En cas de défaut, les détenteurs de créances font partie des rangs prioritaires, certes derrière les organismes sociaux, fiscaux, les salariés … mais devant les actionnaires !

Mon appréciation du placement en FCPI

Je pratique ce type de placement depuis des années. Lors des dissolutions, les FCPIs m’ont donné de plus ou moins bonnes plus-values, voire même un peu de moins-value pour celle de l’an dernier, mais lorsque je tiens compte de l’ensemble des résultats financiers et fiscaux cumulés dans le temps, ce placement reste très positif. Le FCPI en OBSA, quant à lui, parait intéressant pour les épargnants qui privilégient le bon rapport risque/rendement de l’obligataire moyen terme. Tant que la loi de finance offrira cet avantage, je pense continuer à mobiliser à long terme une petite partie de mes actifs sur ce poste, en la reconduisant systématiquement.

22 réflexions au sujet de « Les FCPIs s’émancipent »

  1. Bonjour, merci pour ce blog très riche en informations. A partir de quel niveau de patrimoine et de taux d’imposition les FCPI ont ils un interet ?

  2. Bonjour JPK.

    Le taux d’imposition n’a pas vraiment d’importance puisqu’il s’agit d’une réduction d’impôt et non d’une déduction du revenu imposable, donc la Tranche Marginale d’Imposition ne joue pas.
    Il suffit de connaitre son montant d’impôt et de calculer le versement nécessaire. IR/0.25 = montant à investir.

    Par contre, sur le montant du patrimoine, c’est différent. Il faut éviter à ce que le global investi sur du FCPI, soit traditionnel soit OBSA, dépasse 5% du patrimoine total. Ca reste un placement
    complètement bloqué pendant au moins 6 ans et spéculatif, voir pour certaines FCPIs, très spéculatif.

    Un particulier en phase de création patrimoniale et qui a de bons revenus, devra faire attention à ne pas trop investir sur ce poste.
    Souvent, je vois des personnes de 35-40 ans ans qui mettent le maximum sur du FCPI, soit 24K€ à l’année pour défiscaliser fort et qui n’ont que peu de placements liquides à côté.
    Il faut éviter et rester raisonnable dans les montants.

    A l’inverse, un particulier à la tête d’un patrimoine déjà bien constitué et diversifié a une marge d’investissement plus significative.

  3. Bonjour Scud.

    Sur du FCPI, la performance ne s’apprécie pas de la même manière que sur de l’OPCVM traditionnel.
    Déjà, souvent, ça ne côte quasiment pas, deux ou trois fois par an. Et encore, quand tu as un cours, ça ne veut rien trop dire, seule la dissolution te donneras le résultat final.

    En fait, ce qu’il faut acheter, c’est l’histoire que va te raconter le gérant dans un contexte donné, d’analyser son cahier des charges, sur quel type de sociétés il compte investir, comment et
    surtout, pourquoi.
    L’an dernier, par exemple, j’ai choisi une gestion « spin off » parce que ce que j’ai lu sur le sujet me paraissait plein de potentiel et de bon sens
    C’est un investissement où le recul et la réflexion macro éco doit aider. Tu choisis par conviction.
    Bien sur, il convient aussi d’aller voir qui est le gérant et de se faire une opinion.
    Une chose, j’évite d’avoir en portefeuille plusieurs FCPIs avec les mêmes orientations de gestion et gestionnaires, ce serait dommage.

    Pour cette année, compte tenu des fondamentaux exécrables qui devraient plomber la croissance de nombreuses années, et des taux des coorporates, mon coeur pencherait plus vers un FCPI type OBSA,
    tel que décrit plus haut.

    Mais, ça reste un choix très personnel.

  4. Bonjour Jean Christophe

    Justement, cette année je paie des impots pour la première fois, et un commercial en patrimoine – je préfère ce terme à « conseiller » – me propose des FCPI de la Banque postale. QUe dois-je en
    penser ?

  5. Bonjour Edgar.

    Pour la Banque Postale, je préfère que Yves ou JC te répondent.

    Par contre, je vais déroger à un vieux principe pour Futures.
    Voici quelques-un des gérants avec lesquels j’ai déjà travaillé :

    – CAAIPG (Crédit agricole, aujourd’hui CAAM-AI)
    – CDC Innovation Partners
    – EDRIP (Edmond de Rothschild)
    – ACE Management
    – Turenne Capital Partenaires
    – Truffle Capital (Ex- Investir Europe)
    – Odyssee Venture.

    Peut être que Yves pourrait nous faire un topo comparatif des meilleures dissolutions depuis que le FCPI existe.
    Mais c’est un gros travail.

  6. Les FCPIs de la Banque Postale ?

    Permettez-moi de vous dire je ne sais pas lorsque je ne sais pas.

    Cependant, personnellement, pour des investissements dans des FCPIs, je ne ferais confiance qu’à des gérants qui ont vraiment fait la preuve de leurs compétences.

    Et comme la durée de vie d’un FCPI est d’au moins de 5 ans, souvent plus …

    et que la Banque Postale fête son troisième anniversaire …

    Pour moi, les FCPIs sont une variante du Private Equity. Soit l’une des activités les plus exigeantes des métiers de la finance.

    Pas vraiment dans les compétences d’une banque postale, à moins que celle-ci sous-traite la gestion du fond à une équipe de gérants confirmés.

  7. Merci pour vos réponses. Jef, j’avais point lu que tu avais écrit ce papier. (A ce propos, un peu de lèche : je constate que les meilleurs intervenant que je lis depuis trois ans chez tropical
    viennent – parmi d’autres – petit à petit sur ce blog. Tant mieux. Je souhaite que cette dynamique, partie sur de bonnes bases, se poursuive le plus longtemps possible. Andiamo !)

    Bref, je réalise à présent, après lecture de vos réponses, qu’en bon amateur je n’ai pas posé les bonnes questions au commercial de la BP.

    Pourquoi ? Ca ne m’était tout simplement pas venu à l’esprit que de tels fonds pouvaient avoir des gérants.

    Amusant, non ?

    Mais j’ai eu le temps de constater ceci :

    – La BP sous-traite ses FCPI avec d’autres organismes fianciers, dont le CIC.
    – Les frais d’entrée – 5% – ne sont pas négociable.
    – Leur produit le plus ancien a 7 ans, avec une perte sur capital investi de 5% (hors inflation – on dit en « monnaie courante », non ?).
    – Plus les mises sur le marché sont récentes, plus les pertes sont importantes (jusque 50%). Tous ces chiffres calculés bien sûr hors déduction fiscale de 25 %.

    Mais j’ai constaté ceci :

    – La BP sous-traite ses FCPI avec d’autres organismes fianciers, dont le CIC.
    – Les frais d’entrée – 5% – ne sont pas négociable.
    – Leur produit le plus ancien a 7 ans, avec une perte sur capital investi de 5% (hors inflation, on dit en monnaie courante, non ?). Plus les mises sur le marché sont récentes, plus les pertes sont
    importantes (jusque 50%). Tous ces chiffres calculés bien sûr hors déduction fiscale de 25 %.

    Les FCPI m’ont donc été vendus ici comme de purs produits de défiscalisation.

    A vous lire, j’imagine qu’il doit y avoir moyen de faire un peu mieux, non ?

  8. Bonjour Edgar.

    Des droits d’entrées restent toujours négociables. Tout dépend si ton interlocuteur à non seulement envie de prendre tes capitaux mais aussi une délégation suffisante.
    Par contre les frais de gestion ne le sont pas. Systématiquement assez lourds sur ces fonds, assez logique vu leurs spécificités, le travail d’analyse et de suivi.

    Pour les gérants, tu en as quelques-un au-dessus qui ont fait leurs preuves, il y en a bien entendu d’autres.
    Attention quand même, comme le dit fort justement Yves, ce n’est pas un produit « standard », donc un gérant qui se plantent systématiquement sur ses choix…bon.

    Sinon, pense à ne pas dépasser les montants indiqués dans l’article vs ton patrimoine.

  9. Dans l’interview, pourtant très récente, d’Yves GDL, vous noterez qu’il ne parle pas encore du FCPI « OBSA, OC ».
    L’an prochain (seulement) on devrait commencer à les voir fleurir.

    Normal, « Futures » a une clause d’exclusivité :-)

  10. Bonjour à toutes et à tous,

    Les FCPI et FIP purement obligataires sont des produits récents, auparavant les FCPI et les FIP en detenaient toujours une petite partie.

    Je reste persuadé que le risque sur ce type de FIP et de FCPI est identique à un FCPI et FIP classique.

    Le seul avantage de ce type de produit résidant dans les quelques points de performances grapillés grace à la rémunération obtenue avec les obligations.

    Si cela vous tente, je vous invite à passer sur le blog http://www.fip-fcpi.fr qui donne un maximum d’informations pour essayer de choisir le bon FIP/FCPI.

    A bientot

    Financeperso

  11. Bonjour,

    Géneris Capital Partners reste, à ma connaissance, le seul gérant français à pratiquer le « Venture Loans » (OBSA, OC) en FCPI pour cette année.
    Bien que le risque existe aussi sur ce type de FCPI, il me semble quand même, pour un certain nombre de raisons, bien moins important que sur les FCPI tradi. Le rapport rendement/risque me parait
    très bon.

    Personnellement, je choisi ce gérant sur l’exercice 2009.

    Pour info, le rendement demandé des prêts, comme c’est le cas depuis plus de 10 ans, seront de l’ordre de 10 à 15% par an.
    Si vous avez des questions, n’hésitez pas.

  12. Bonjour,

    Je m’intéresse depuis peu au FCPI. Quel est l’intérêt de cet outil dans le cadre d’une défiscalisation sachant que la réduction d’IR est annulée la plupart du temps par les frais de gestion
    annuelle qui me paraissent exhorbitant. Par exemple, pour 10K€ investi sur 7 ans avec 3,5% de frais annuel, cela fait  2450€ de frais soit quasiment autant que le montant defiscalisé
    (2500€). Sachant qu’en dehors de cela, la rentabilité des fonds sur ces produits semble carrément aléatoire… Aurais-je raté quelquechose ?

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