50 réflexions au sujet de « File Revue de presse – Décembre 2009 »

  1. Un article intéressant sur le bull trap de vendredi dernier par Philippe Béchade de la Chronique Agora :

    La crédibilité des statistiques américaines au chômage technique

    Lundi 07 Décembre 2009

    ▪ Les marchés oublient vite ! La défaillance des plus gros émetteurs obligataires de Dubaï il y a une semaine est déjà ravalée au rang d’anecdote sans conséquences. Les Bourses occidentales et
    asiatiques auraient joué à se faire peur — rien de nouveau sous le soleil de plomb des Emirats.

    Vous êtes sceptique ? Les stratèges boursiers, eux, n’ont pas froid aux yeux ! Vous pensez comme nous que le marché immobilier et les grands travaux devraient connaître un sévère coup d’arrêt dans
    les pays du golfe Persique… mais la plus forte hausse de la semaine est un champion du BTP. Le titre Eiffage engrange 14,5% — soutenu, il est vrai, par une recommandation d’Exane/BNP-Paribas,
    peut-être rédigée avant l’annonce du défaut sur la dette de Dubai World.

    Les Emirats devraient également commander moins d’avions et même chercher à différer des livraisons… Pourtant, la deuxième meilleure performance de la semaine est Zodiac Aerospace (+11,1%),
    principal partenaire d’Airbus (le plus gros fournisseur des compagnies Emirates et Qatar Airways)… EADS terminait quant à lui leader du CAC 40 vendredi avec un gain de 3,9%.

    L’arrêt progressif (France) ou brutal (Allemagne, Etats-Unis) de la prime à la casse devrait peser sur les commandes de voitures dès le mois de décembre… mais Renault monte sur la troisième
    marche du podium hebdomadaire avec +10,6% ; Valéo le talonne de près avec +10,3%.

    ▪ Pas moins de 36 valeurs sur 40 ont progressé sur les quatre premiers jours de décembre. La séance de vendredi a constitué une apothéose haussière, dans des circonstances qui n’ont pas fini
    d’intriguer les économistes et les chartistes (nous allons y revenir en détail).

    Les performances de Paris et des autres places européennes auraient toutefois été bien plus modestes si les cotations s’étaient prolongées un quart d’heure de plus — ou si Wall Street avait
    dévissé à la baisse un quart d’heure plus tôt.

    Le Dow Jones évoluait encore nettement dans le vert à 17h30. Les opérateurs n’ont pas imaginé que l’envol du dollar au-delà des 1,49/euro ne tarderait pas à lui faire reperdre 200 points sur ses
    meilleurs niveaux du jour. Le Dow a affiché jusqu’à -0,5% par deux fois en cours de séance — pour en terminer in extremis sur une hausse symbolique de 0,2%, le S&P grappillant 0,55%.

    Le CAC 40 (+1,25%) a été propulsé en quelques minutes de 3 775 points vers les 3 850 points et invalidait la formation d’un « diamant » — que nous avions évoqué vendredi en fin de chronique.

    Reste cependant le risque baissier induit par une « structure en porte-voix » (traduisant une fuite en avant haussière sans volumes pour étayer la hausse) et une « tête/épaules » que les puristes
    remettent en cause du fait du soulèvement en séance de la résistance des 3 860 points.

    ▪ La publication de chiffres de l’emploi quasi surréalistes aux Etats-Unis a provoqué un scénario de séance rarissime avec un écart de 2% à la hausse — sans qu’il y ait eu la moindre cotation sur
    les contrats sur indices CAC 40 ou DAX 30. Nous avons observé un gap intraday de presque 60 points sur ces deux indices.
     
    L’indice parisien a par ailleurs repris jusqu’à 100 points en moins d’une heure, de 3 775 points jusque vers 3 876 points. L’Euro-Stoxx obéissait au même schéma, avec 2,7% gagnés en ligne droite.
    Le gain hebdomadaire des indices européens dépasse au final les 3% en moyenne ; le CAC 40 engrange 3,35%.

    La violence de la réaction des opérateurs a été à la mesure de la surprise causée par l’ampleur de la contraction du chômage américain au mois de novembre. Non seulement les pertes d’emplois sont
    pratiquement tombées à zéro (-11 000) mais les pertes des mois précédents auraient été largement surévaluées — alors qu’elles avaient déjà fait l’objet d’une révision… à la hausse le mois
    dernier : on croit rêver !

    Les chiffres de septembre s’établiraient à -139 000 au lieu de -219 000. Ceux d’octobre seraient à -110 000 au lieu de -190 000 : la différence est de 160 000 sur une estimation initiale de -409
    000 !

    Une révision de 40% par rapport à des chiffres déjà réajustés, c’est aussi une manière de record en la matière. Cependant, les marchés européens n’ont voulu retenir que l’aspect le plus positif de
    l’annonce : il s’agit du meilleur chiffre publié concernant l’emploi depuis décembre 2007. Peu importe qu’il apparaisse en contradiction totale avec l’enquête d’ADP (-169 000 en novembre) publiée
    48 heures auparavant et dont les données sont reconnues plus fiables que celle du département du Travail US.

    ▪ A Wall Street également, les opérateurs se sont réjouis de l’extraordinaire élasticité des statistiques américaines concernant le marché de l’emploi. Le rebond du dollar (+1,5% à 1,4850/euro) les
    a toutefois rapidement fait déchanter.

    La principale victime de cette divine surprise de l’emploi aux Etats-Unis, c’est l’or. Il a rechuté de 4,5%, à 1 161 $/once. L’euro a lui aussi chuté de 1,25% à 1,4880 $ ; le yen chute même de 2%
    — cela pourrait faire du dégât à Tokyo cette semaine.

    Les marchés obligataires accusent également le coup avec une tension de +15 points de base sur les T-Bonds 2014 ; le 2019 a vu son rendement grimper soudainement de 0,15%, à 3,5%.

    Si le mécanisme du carry trade déraille cette semaine, le franchissement des 3 840 points par le CAC 40 constituera le quatrième faux signal graphique en six séances, dont trois consécutifs
    mercredi, jeudi et vendredi. Pas de jaloux puisqu’il s’agit chronologiquement de deux bear traps puis de deux bull traps.

    Pour les amateurs de trading intraday, les séances de jeudi et vendredi ont été un cauchemar — et une magnifique illustration du syndrome des « portes de saloon ». Pour ceux qui ont parié sur la
    chute du dollar, gare à la chute de la « fenêtre guillotine » !

    Beaucoup d’opérateurs réalisent rétrospectivement que si les chiffres du chômage de septembre et octobre avaient été dévoilés avec une plus grande rigueur méthodologique, le discours de la Fed
    aurait été tout différent et le dollar n’aurait probablement pas enfoncé le palier des 1,50/euro.

    Ceci confirme la thèse que nous soutenons depuis la fin du mois d’août : les marchés ne progressent que tant que les nouvelles économiques sont mauvaises — surtout sur le front de l’emploi. Il
    n’est pas impossible que le gouvernement américain ait délibérément usé de certaines marges d’imprécision pour entretenir la faiblesse du billet vert et doper les cours à Wall Street, avant que
    Bank of America n’annonce par exemple une augmentation de capital record de 19,3 milliards de dollars.

    Ce genre d’opération est impossible à réaliser dans un marché baissier, surtout lorsque le taux de défaillance des créances immobilières (15% à l’heure actuelle) et sur les emprunts à risque des
    entreprises dépasse les 11%.
     
    Quand autant d’argent est en jeu, rien ne survient sur les marchés par hasard !

  2. Si Bernanke avait voulu faire chuter le dollar, il n’aurait pas dit autre chose :

    AFP le 07/12/2009 à 19:56

    Etats-Unis : la reprise est encore « assez » loin d’être « autonome », selon Bernanke

    Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a estimé lundi que la reprise économique aux Etats-Unis était encore « assez » loin d’être « autonome », dans un discours à la
    tonalité inchangée sur sa perception des progrès réalisés depuis l’été.

    « Bien que nous ayons constaté quelques progrès dans l’activité économique, nous avons encore un chemin assez long à faire avant que nous puissions être certains que la reprise sera autonome », a
    déclaré M. Bernanke lors d’un discours à Washington.

    « Nous avons parcouru un long chemin depuis la période la plus noire de la crise mais nous avons encore une bonne distance à parcourir », a-t-il ajouté, faisant référence à la reprise économique en
    cours depuis l’été.

    S’il ne se contracte plus aussi rapidement qu’en 2008 et au début de l’année, le marché du travail reste « faible », et les dépenses de ménages, moteur traditionnel de l’économie américaine « ne
    devraient pas progresser rapidement alors que les gens restent inquiets à propos de leur travail et qu’ils continuent d’avoir un accès réduit au crédit », a ajouté M. Bernanke.

    La baisse inattendue du chômage à 10,0% en novembre révélée vendredi par les chiffres officiels du département du Travail a nourri des spéculations sur le fait que la Fed pourrait être amenée à
    relever son taux directeur plus tôt que prévu.

    A chacune des ses réunions de politiques monétaire, depuis plusieurs mois, la banque centrale indique que les conditions économiques « sont susceptibles de justifier un niveau extrêmement bas » de
    son taux directeur « pendant une longue période ». Celui-ci est quasi nul depuis près d’un an.

    Tout en reconnaissant que « le temps viendra où il sera approprié » que la Fed retire son soutien à l’économie et commence à remonter son taux, M. Bernanke a redit que pour lui rien n’avait changé
    sur ce point.

    « Nous nous en tenons toujours à la longue période », a-t-il dit en réponse à une question, après avoir redit dans son discours que la Fed tablait toujours sur une inflation « contenue pendant quelque
    temps ».

    Quant aux perspectives d’inflation, suivies de près par la banque centrale, dans la mesure où elles sont susceptibles de se traduire par une montée des prix à terme, M. Bernanke a déclaré qu’il
    était « rassurant » de voir qu’elles étaient « stables ».

    Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) doit tenir sa dernière réunion de l’année les 15 et 16 décembre.

  3. http://www.shanghaidaily.com/sp/article/2009/200912/20091208/article_421994.htm#

    CHINA will continue its proactive fiscal policy and a moderately easy monetary policy next year, the country’s decision makers said at the Central Economic Work
    Conference that concluded in Beijing yesterday.

    The three-day conference, an annual event initiated more than a decade ago, said China will make the expansion of domestic consumption, particularly consumer spending, a key task.

    It will also accelerate urbanization and the reform of industrial structure to secure the achievements China had already made.

  4. Taux fixes des crédits immobiliers en baisse – article le Figaro

    « En novembre, ils se sont établis en moyenne à 3,77% contre 3,80% le mois précédent, selon l’Observatoire du Crédit Logement / CSA publié mercredi.
    Les mois se suivent et se ressemblent. Les taux des crédits immobiliers poursuivent leur baisse en novembre, selon les chiffres publiés mercredi par l’Observatoire du Crédit Logement / CSA. Ils se
    sont ainsi établis en moyenne à 3,77% (hors assurance et coût des sûretés) contre 3,80% en octobre. Résultat : depuis novembre 2008, les taux ont reculé de 138 points de base, pour revenir à leur
    niveau du printemps 2006. Par cette baisse des taux, «les établissements de crédits continuent de soutenir un marché de l’immobilier toujours difficile», constate l’Observatoire. Avec une telle
    baisse des taux, il est en effet rare d’emprunter à plus de 4,5% (seuls 1,5% des prêts). A titre de comparaison, au 4ème trimestre 2008, le pourcentage s’élevait à 94,1%. Désormais, 67% des prêts
    accordés le sont à un taux inférieur à 4%. »

    Lien vers l’article complet

    Je crois me souvenir que nous avions évoqué entre nous l’aspect stratégique de l’immobilier d’investissement au regard d’une baisse des prix associée à un reflux des taux d’emprunt. En effet, il
    existera probablement une courte fenêtre, avant une issue inflationniste modérée à la crise actuelle, pendant laquelle le prix courant des biens immobiliers aura baissé ET les taux d’emprunt
    également.
    Pendant cete période, réaliser un investissement immobilier en empruntant le maximum possible (en % de l’achat) sur la durée la plus longue possible, à taux fixe, s’avérera extrêmement rentable si
    comme nous l’anticipons, l’issue inflationniste modérée de la crise s’installe.
    Car avec une inflation >5%, un crédit immobilier souscrit à taux fixe

  5. Daniela,
    En théorie, je te suis, et je dirais même que la fenêtre d’opportunité ici à Bruxelles est 2010-2011.
    MAIS
    est-ce que ce n’est pas prendre ses rêves pour des réalités ?
    Une inflation > 5 % pendant pas mal d’années, la BCE ne laissera JAMAIS faire, non ?

  6. Excellente remarque Marc M.
    Le rôle initial affiché de la BCE, souvent rappelé par Trichet, est d’assurer la stabilité des prix (sic). Sur la question de savoir si une inflation de 5% peut perdurer plusieurs années, j’avoue
    ne pas me sentir suffisamment compétente. Ce cas de figure ne me semble toutefois assez probable.
    Marc Candellier serait également le bienvenu pour discuter de cette question. Il a établi des modèles de calcul qui modélisent en fonction de l’inflation, du taux d’emprunt (fixe), de la durée du
    prêt et du capital de départ (en %) la rentabilité ou non d’un achat comparativement par exemple à une location.
    http://www.marc-candelier.com/

    Je vais essayer de le convaincre de nous faire un calcul avec son modèle, ou tout du moins de nous donner un avis sur cette question.

    Daniela

  7. Sur le sujet de la réforme des banques, un article dans « The Times »
    La pression pour que les attitudes changent monte.

    ‘Wake up, gentlemen’, world’s top bankers warned by former Fed chairman Volcker

    From The Times

    December 9, 2009

    Patrick Hosking and Suzy Jagger

    One of the most senior figures in the financial world surprised a conference of high-level bankers yesterday when he criticised them for failing to grasp the magnitude of the financial crisis
    and belittled their suggested reforms.

    Paul Volcker, a former chairman of the US Federal Reserve, berated the bankers for their failure to acknowledge a problem with personal rewards and questioned their claims for financial
    innovation.

    On the subject of pay, he said: “Has there been one financial leader to say this is really excessive? Wake up, gentlemen. Your response, I can only say, has been inadequate.”

    As bankers demanded that new regulation should not stifle innovation, a clearly irritated Mr Volcker said that the biggest innovation in the industry over the past 20 years had been
    the cash machine. He went on to attack the rise of complex products such as credit default swaps (CDS).

    “I wish someone would give me one shred of neutral evidence that financial innovation has led to economic growth — one shred of evidence,” said Mr Volcker, who ran the
    Fed from 1979 to 1987 and is now chairman of President Obama’s Economic Recovery Advisory Board.

    He said that financial services in the United States had increased its share of value added from 2 per cent to 6.5 per cent, but he asked: “Is that a reflection of your financial
    innovation, or just a reflection of what you’re paid?”

    Mr Volcker’s broadside punctured a slightly cosy atmosphere among bankers and regulators, assembled in a Sussex country house hotel to consider reform measures, at the Future of Finance
    Initiative, a conference organised by The Wall Street Journal.

    Another chilling contribution came from Sir Deryck Maughan, a partner in Kohlberg Kravis Roberts, the private equity firm, who in the 1990s was head of Salomon Brothers, the investment bank.

    He warned delegates that many of the flawed mathematical techniques that underpinned banks’ risk management approaches were still being used, saying that the industry had not “faced up to the
    intellectual failure of risk management systems, which are still hardwired into many banks and many trading floors”.

    Sir Deryck also questioned whether it was right that taxpayers should continue to underwrite many of those risks: “There’s something wrong about large proprietary risks being taken at the risk
    of taxpayers. The asymmetry will not hold. I’m not sure we’ve thought about that.”

    Earlier Baroness Vadera, adviser to the G20 — and an adviser to Gordon Brown during the banking crisis — had warned the world’s most senior bankers that continental lenders had yet to
    acknowledge the scale of their losses and bad debts. She said: “It’s not the UK banks that have to come clean, but some of the continental banks still have issues.”

    She added that, contrary to City assumptions, the supposedly hardline French and German governments were more relaxed about leverage and liquidity constraints than Britain and America.

    The former UBS banker said that she continued to have nightmares about how close the British banking system came to collapse last year.

    She also warned bankers that the G20 process was “like herding cats” and that one of the main problems with the group of the world’s wealthiest nations was that they did not want to give up
    national sovereignty and co-ordinate their behaviour.

    Meanwhile, George Soros argued that CDS should be banned. The billionaire investor likened the widely traded securities to buying life assurance and then giving someone a licence to shoot the
    insured person.

    “They really are a toxic market,” he said. “Credit default swaps give you a chance to bear-raid bonds. And bear raids certainly can work.”

  8. Réponse au commentaire n°21 posté par Daniela
    aujourd’hui à 15h59

    Bonjour Daniela,

    Concernant la situation actuelle du marché immobilier,  je dirai que l’on essaye encore une fois de nous faire croire que la crise est finie: l’or monte, la bourse a pris plus de 50% en 9 mois et maintenant
    l’immobilier est sur le point de se retourner à la hausse. Même les chiffres du chômage deviennent bons aux US !  

    Dans la note de conjoncture des agences Laforêt de novembre 2009, Je lis:
    Nous sommes donc très loin des -20% ou -30% annoncés à la fin 2008. Ceux qui avaient formulé ces prédictions avaient alors simplement oublié l’une des premières lois de l’économie : « les prix
    se régularisent en fonction de l’offre et la demande ».

    Je suis totalement d’accord pour dire que « les prix se régularisent en fonction de l’offre et la demande ». Seulement voilà, la demande est totalement artificielle et est simplement due aux
    taux d’intérêts extrêmement bas et à la loi Scellier. Il faut bien comprendre que maintenant les taux d’emprunt ne peuvent que remonter. Et à votre avis que se passera-t-il lorsque les taux
    vont remonter ? Il faudra tout simplement payer la facture en subissant une  baisse des prix due à une diminution de la demande.

    Pour mois le marché restera baissier tant que les prix ne seront pas cohérents de l’évolution du PIB par ménage  >> voir ce graphiqueVoir >> Indicateur du 1er Trimestre 2009 et
    ce graphiqueVoir aussi >> Peut-on arrêter la chute des prix en baissant les taux d’emprunt ? 

    Il faut aussi avoir à l’esprit qu’à partir de 2010 la croissance de la population en âge de travailler (20 à 60 ans) sera nulle ! Seules des plus de 60 ans vont venir grossir la population
    française avec un gros problème de financement des retraites et des dépenses de santé.

    Voir ce graphique >>   structure de la
    population française depuis 1900 et sa projection jusqu’en 2050 

    Dans le même document, Je lis également :

    38% de ces acquéreurs sont des primo-accédants qui ont plus de facilités pour obtenir des crédits ; leur
    budget moyen est de 160 000 €. Les familles n’hésitent pas à mettre la
    main au portefeuille pour aider à ce premier achat.

    Dommage pour eux, mais les primo-accédants risquent de souffrir d’ici quelques années.   

    Voir ces documents>> Les dangers de l’effet de levier  et aussi Le risque d’être en « negative equity »

     

    Concernant l’inflation, nous devrons sans doute subir une inflation importée via les matières premières
    et les produits importés. La France sera incapable d’augmenter les salaires pour compenser l’augmentation des prix, sous peine de tuer nos exportations. De toute façon s’il y a inflation, il y
    aura hausse des taux donc baisse de tous les actifs.

  9. Bonsoir Marc, je me suis permis de reformater ton post car l’éditeur de commentaire du blog a tendance à jouer avec les couleurs.
    Merci en tout cas pour ton message très documenté et pour ton expertise.

  10. Six milliards… pour 50 milliards

    Par Thomas Chaize

    La « news » du jour dans le monde du pétrole est que des compagnies pétrolières chinoises sont en pourparlers pour acheter six milliards de barils de pétrole au Nigéria pour 50 milliards de dollars
    dont une partie sont des champs off-shore inutilisés par des compagnies occidentales.

    Pour vous donner un ordre de grandeur, six milliards de barils cela équivaut à la moitié des réserves de Total ou presque le double des réserves de pétrole de la compagnie italienne Eni.

    Sécurisation des approvisionnements à tout va
    Depuis le début de la crise, les compagnies pétrolières chinoises ont signé des contrats avec le Brésil (10 milliards de dollars), le Kazakhstan (10 milliards de dollars), l’Angola (1,3 milliard de
    dollars), l’Equateur (un milliard de dollars), l’Iran (4,7 milliards de dollars), le Tchad (0,9 milliard de dollars), la Russie (25 milliards de dollars), l’Argentine (17 milliards de dollars),
    Singapour, le Pérou et la Birmanie.

    Graphique des approvisionnements pétroliers de la Chine

    Elles ont aussi acheté deux compagnies pétrolières canadiennes (499 millions et 7,2 milliards de dollars) qui ont des actifs au Nigéria, Gabon, Irak, Libye, et pris des participations dans des
    grands projets, dans le gaz en Australie (41 milliards) et les sables bitumineux au Canada.

    Un nouveau Rockefeller, puissance 10
    Pendant que l’Europe et l’Amérique du Nord gardaient sous perfusion le secteur bancaire, la Chine achetait en solde tout ce qui était disponible en pétrole…

    La Chine agit un peu comme Rockefeller au début du pétrole, quand les autres doutent, elle achète : « Croyez au pétrole, toute chute n’est pas une raison d’angoisse mais une occasion d’acheter » —
    John Davison Rockefeller.

    Une politique hautement cohérente
    La Chine n’a pas que l’obsession du pétrole, elle achète aussi des mines de charbon, d’uranium et elle investit massivement dans les énergies renouvelables. La politique énergétique de la Chine est
    très, très cohérente.

    Soutenue par deux moteurs puissants
    Oui. La Chine agit ainsi pour subvenir aux besoins de sa future croissance et y trouve un moyen très pratique de convertir sa montagne de billets verts.

    Mais si on regarde un peu plus loin, je pense que les Chinois agissent avec autant de cohérence et de détermination parce qu’ils sont convaincus de l’imminence du pic pétrolier…

  11. @ Marc Candelier : un grand merci à vous pour votre analyse. L’article sur l’effet d’une bassie des taux pour tenter de freiner la baisse des prix de l’immobilier est excellent.

    De même, je conserve et surveille les graphiques de Jacques Friggit depuis longtemps.
    Dans le cas des gros patrimoines, la baisse de prix tant en euros courants qu’en euro constants (effet de l’inflation) sera une bonne opportunité. Pour ceux qui se doivent d’emprunter pour acheter,
    l’équation est délicate. Trouver l’équilibre entre baisse des prix des l’immobilier, niveau des taux d’emprunt et risque de negative equity est difficile.

    Cordialement,

    Daniela

  12. Réaction au commentaire n°24

    L’analyse de Marc Candelier examine uniquement l’évolution anticipée de la demande en bien immobiliers.

    J’insiste sur le terme demande, et non prix (en unités
    monétaires) – c’est très différent. Car pour passer de l’un à l’autre intervient la monnaie et sa valeur qui va influencer le niveau des prix.

    L’analyse ne me semble pas complète. Elle avance tout une série d’arguments pertinents qui doivent faire baisser la demande en biens immobiliers.

    Cependant, il faut examiner quel est l’impact de de ces mêmes arguments sur la demande envers tous les autres actifs qui sont les alternatives d’investissement.
    Or, les arguments que Marc Candelier met en avant militent pour une baisse de la demande en général, pour TOUS les actifs: hausse
    du nombre de retraités, baisse du nombre des travailleurs actifs -> baisse de la demande en actions, etc …

    En réalité, ce qui compte vraiment à ce moment là c’est la valeur relative des actifs entre eux. Un bon actif sera un actif qui maintient sa valeur par rapport aux autres, y compris le cash.

    Et le cash lui aussi perd de sa valeur lorsque les banques centrales émettent de la monnaie à tour de bras pour essayer de maintenir le niveau des prix.

    La dernière phrase est en fait le vrai début de la discussion:
    « De toute façon s’il y a inflation, il y aura hausse des taux donc baisse de tous les actifs. »

    En fait, toute analyse financière d’un investissement immobilier (je parle ici surtout de l’achat de sa résidence) est fondée sur un scénario relatif à l’évolution de trois paramètres
    fondamentaux, sur toute la durée du crédit:
     1- L’inflation (IPC)
     2- La valeur du bien acheté si l’achat est choisi
     3- La valeur des actifs dans lesquels seront investis l’épargne si la location est choisie plutôt que l’achat
      (cash, obligations, actions, etc …)

    Le résultat de l’analyse est dicté par le choix du scénario qu’on juge le plus probable.

    Il y a dix ans, l’évolution de ces différents paramètres semblait relativement prédictible, sans trop de surprise. 

    Aujourd’hui il faut bien dire que c’est le brouillard total. En particulier, il n’y a plus d’actif vraiment « sur » à long terme.

    Un épargnant qui choisit la location reste quand même avec le problème de savoir dans quoi investir son épargne, et cela ne risque pas d’être plus simple ni moins risqué que de choisir un bon
    bien immobilier acheté à crédit !

    Alors soit on est convaincu de son scénario (déflationniste ou inflationniste) et la conclusion financière est claire, ou bien s’il on admet que personne ne sait vraiment, il n’y a plus vraiment
    moyen de faire une analyse financière très pertinente.
    Cela relève du pari.

    C’est pourquoi, personnellement, j’ai décidé de faire mon choix sur base d’autres critères: situation personnelle et familiale, attrait pour le bien, qualités intrinsèques du bien, niveau de
    risque du crédit etc …

    En effet, dans un contexte de grande incertitude, je préfère acheter des choses qui ont des qualités objectives intrinsèques et qui me font plaisir.

    Evidemment c’est un choix tout personnel.

  13. Réaction au commentaire de Daniela n°21

    Daniela,

    Je partage l’opinion de Jean-Christophe que l’inflation est le chemin de moindre souffrance pour traverser la crise, mais en Europe je vois deux obstacles majeurs à ce scénario:

    1- Les statuts de la BCE
    2- Le successeur de Trichet sera allemand (forcément, vu la nomination de Barnier)

    Dès que l’IPC se relèvera et approchera les 2%, la BCE sera forcée de par ses statuts à relever ses taux.
    C’est la seule chose qu’elle a le droit de faire.

    Cela aura des conséquences désastreuses sur l’économie, surtout le chômage, en particulier pour les fameux PIGS.

    Il y aura certainement un puissant retour de flammes contre la BCE, et la pression populaire et politique va monter irrésistiblement.
    Mais on ne change pas un traité international comme on veut.
    Il va y avoir des tensions énormes à l’intérieur de la zône Euro, c’est une certitude.

    Comment l’Europe va y faire face, c’est la grande inconnue.

  14. PS sur mon commentaire n°29 à ne pas mal prendre

    Les analyses de Marc Candelier sont au demeutrant très fouillées et très intéressantes.

    Il s’agit juste de mon opinion sur le sujet 

  15. Je n’ai pas souligné cet aspect de l’analyse Marc Candelier mais il sait que nous nous opposons sur ce point. Je suis bien sur d’accord avec Marc M. J’ai toujours la même réticence avec le postulat
    hausse de l’inflation = hausse des taux = rechute de l’économie et impossibilité de monter les salaires. Cette implication est pour moi fausse car elle nie la possibilité d’une stagflation de type
    monétaire ou par les couts (ou les deux). Je l’ai vécu alors que j’étais ado et croyez moi l’inflation était tellement bien partie qu’il a fallu monter les taux court à 20 % pour la faire chuter.
    Les banquier centraux jouent sans arret avec des allumettes en disant que le feu ne partira jamais alors qu’ils n’ont qu’une envie c’est de tout bruler. On n’imagine pas aujourd’hui que le prix des
    vêtements puisse prendre 20 % en un an. C’est pourtant ce qui se passait  et c’est probablement ce qui se passera lorsque le pétrole flambera, les salaires et les IPC des émergents vont
    grimper. La pénurie de matière nous pend au nez. Des revendications salariales, un protectionniste croissant et surtout l’océan de monnaie créé feront le reste. Tant que le deleveraging est à
    l’ouvrage, ces forces sont contenues. Je publierai cette semaine un article qui montre que nous sommes aujourd’hui en stagflation larvée contrairement à ce que disent les IPC officiels et que nous
    avons fait beaucoup plus d’inflation que ne le disent les chiffres ces dernières années.

  16. Je n’ai pas souligné cet aspect de l’analyse Marc Candelier mais il sait que nous nous opposons sur ce point. Je suis bien sur d’accord avec Marc M. J’ai toujours la même réticence avec le postulat
    hausse de l’inflation = hausse des taux = rechute de l’économie et impossibilité de monter les salaires. Cette implication est pour moi fausse car elle nie la possibilité d’une stagflation de type
    monétaire ou par les couts (ou les deux). Je l’ai vécu alors que j’étais ado et croyez moi l’inflation était tellement bien partie qu’il a fallu monter les taux court à 20 % pour la faire chuter.
    Les banquier centraux jouent sans arret avec des allumettes en disant que le feu ne partira jamais alors qu’ils n’ont qu’une envie c’est de tout bruler. On n’imagine pas aujourd’hui que le prix des
    vêtements puisse prendre 20 % en un an. C’est pourtant ce qui se passait  et c’est probablement ce qui se passera lorsque le pétrole flambera, les salaires et les IPC des émergents vont
    grimper. La pénurie de matière nous pend au nez. Des revendications salariales, un protectionniste croissant et surtout l’océan de monnaie créé feront le reste. Tant que le deleveraging est à
    l’ouvrage, ces forces sont contenues. Je publierai cette semaine un article qui montre que nous sommes aujourd’hui en stagflation larvée contrairement à ce que disent les IPC officiels et que nous
    avons fait beaucoup plus d’inflation que ne le disent les chiffres ces dernières années.

  17. Je précise car c’est très important, que cette inflation des années 70 s’est développée sans aucune croissance économique. Au contraire, elle a
    démarré en pleine récession.

  18. Bonsoir Marc M,

    Tu fais allusion à un thème délicat mais passionnant : la solidité de l’Union Européenne (zone Euro) en fonction de la solidité et de la solvabilité de ses états membres.
    Il est trop tard ce soir pour développer correctement ce thème important. J’espère que moi et Jean-Christophe nous pourrons unir nos compétences pour produire un article d’analyse fondamentale sur
    ce point. Il est primordial de rappeler comme tu le fais le poids de la conception « allemande » de la BCE, qui par ailleurs a son siège dans la métropole allemande de la finance, cad Francfort*

    [* NB : sur ce point je connais très bien l’Allemagne, en partie pour y avoir vécu. L’Allemagne n’est pas un état centralisé au même titrre que la France, ce qui explique une certaine répartition
    des rôles et des compétences entre les divers grands pôles urbain en Allemagne. Pour le monde de la finance, c’est sans conteste Francfort]

    L’Allemagne a une conception effectivement très rigoureuse -et ce n’est pas plus mal- de la politique monétaire, et c’est ce rigorisme, soutenu aussi par d’autres états du nord dont Pays-Bas,
    Autriche, qui prime pour le moment. Or certains pays que l’Allemagne qualifiait de « pays du club med » (authentique) posent problème par leur grande fragilité économique. Cette fragilité et cette
    quasi non-solvabilité a été complètement masquée et protégée par la monnaie unique : Espagne, Grèce, dans une moindre mesure Portugal et Italie + l’Irlande depuis 2008.
    On retrouve une sorte de différentiation « naturelle » dans les différences de taux obligataires. Par exemple, le taux des bons du trésor italien est beaucoup plus élevé que le bund… alors qu’il
    s’agit à la base de la même monnaie!

    La question cruciale est : la zone Euro peut-elle rester consistante? Car cette question amène une autre question très délicate : les états membres ayant du poids accepteront-ils de soutenir les
    états défaillants, sachant que certains de ces états défaillants ont eu un laxisme budgétaire inacceptable : Espagne, Irlande ?

    A méditer.

    Daniela

  19. Daniela, Jean-Christophe,

    Je vous lis avec grand intérêt et suis impatient de lire la suite :-)

    PS:
    Je n’avais que 3 ans en 1970, mais je sais à quel taux mes parents ont emprunté pour acheter leur maison, et cela paraît difficilement imaginable aujourd’hui… 12% si je ne me trompe
    Alors si ces jours là reviennent, un crédit à 4%, c’est une affaire …

  20. c’est vrai que ce serait plus rationnel d’acheter du pétrole, de l’uranium ou de l’or, mais un bel appart, ça fait quand même plus plaisir …

    La finance c’est intéressant, mais on reste des êtres humains

  21. Les mentalités changent … suite … (extrait du FT)

    Les américains sont des adeptes de l’exercice de repentance publique.
    Mais venant de GE, ça ne manque pas de culot et d’hypocrisie !

    GE chief attacks executive ‘greed’

    By Francesco Guerrera in New York

    Published: December 9 2009 21:25 | Last updated: December 9 2009 21:25

    Jeffrey Immelt, General
    Electric’s chief executive, said on Wednesday his generation of business leaders had succumbed to “meanness
    and greed” that had harmed the US economy and increased the gap between the rich and the poor.

    Mr Immelt’s attack on his fellow corporate chiefs – made in a speech at the West Point military academy – is one of the strongest criticisms by a top executive of the compensation and business practices that prevailed before the
    financial crisis.

    “We are at the end of a difficult generation of business leadership … tough-mindedness, a good trait, was replaced by meanness and greed, both terrible traits,” said Mr Immelt, who succeeded
    Jack Welch, one of the toughest leaders of his generation, at the helm of the US conglomerate. “Rewards became perverted. The richest people made the most mistakes with the least
    accountability.”

    Several executives, especially in financial services, have apologised for their companies’ role in the crisis but Mr Immelt’s remarks went further, linking bad leadership to growing inequality.

    “The bottom 25 per cent of the American population is poorer than they were 25 years ago. That is just wrong,” he said. “Ethically, leaders do share a common responsibility to narrow the gap
    between the weak and the strong.”

    GE wants to win a large slice of the infrastructure projects funded by governments around the world in an effort to kick-start their economies.

    Mr Immelt said business should welcome government as “a catalyst for leadership and change”.

    Mr Immelt also issued a mea culpa over his inabilty to foresee the financial turmoil, which slashed GE’s profits and put its financial arm, GE Capital, under pressure, saying he should
    have been a better listener.

    “I felt like I should have done more to anticipate the radical changes that occurred,” he said.

    The GE chief now gathers GE’s top 25 executives to twice-monthly Saturday sessions to talk about the company and its future.

    In the speech, Mr Immelt indicated GE would continue to shrink GE Capital, which accounted for around half of the company’s profits as reently as two years ago. He said it was wrong for the US
    economy to have “tilted toward the quicker profits of financial services” at the expense of the manufacturing industry and research and technology investments.

  22. A Marc M, en gestion patrimoniale, on dit toujours que la résidence principale, c’est sacré, c’est pour le plaisir et avec elle on est pas nécessairement raisonnable.

  23. On est en plein deleveraging :

    USA : désendettement record des ménages au troisième trimestre

    Les ménages américains se sont désendettés à une vitesse record au troisième trimestre, selon les tableaux de la comptabilité nationale publiés jeudi par la Réserve fédérale des Etats-Unis
    (Fed).

    Par rapport au deuxième trimestre, la dette totale des ménages a reculé de 2,5% en rythme annuel, du jamais vu depuis que la banque centrale publie ces tableaux sur une base trimestrielle (1951),
    et atteignait 14.061 milliards de dollars au 30 septembre.

    La Fed indique également que la richesse nette des ménages américains (c’est-à-dire la différence entre leur patrimoine et leurs dettes), qui avait baissé pendant plus d’un an et demi avec la
    crise, a augmenté pendant l’été pour le deuxième trimestre de suite, de 5% en rythme annuel.

    Elle atteignait 53.423,5 milliards de dollars au 30 juin, ce qui reste inférieur à son niveau de fin 2005.

    L’enrichissement des ménages a résulté à la fois de leur désendettement et de la hausse de leur patrimoine immobilier (une première depuis 2006) et financier.

  24. Intéressant ton article Marc M.

    Il est curieux de voir que le Pdg qui a succédé au notoire « Neutron Jack » s’en prenne ainsi aux dérives du management à l’anglo-saxonne. Ce n’est pas que je ne sois pas d’accord avec son discours,
    loin de là, mais le procédé me semble quand même un peu gros. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » en somme. Il serait bon que ces bonnes résolutions soient traduites en actes concrets,
    exemples : réduction du salaire des cadres dirigeants de GE, abolition des stocks options…
    L’article que tu cites mentionne bien l’intérêt pour GE de « gesticuler » à l’approche du plan de relance des infrastructures d’Obama. Une bonne offensive médiatique au bon moment de la part du Pdg
    de GE !

    Daniela

  25. Reuters le 11/12/2009

    Les déséquilibres, une menace à contrer – Trichet :

    LONDRES, 11 décembre (Reuters) – Les déséquilibres importants entre pays enregistrant soit des déficits soit des excédents courants sont une menace pour la reprise mondiale si on ne s’y attaque
    pas, a déclaré vendredi le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet.

    « Si on ne corrige pas ces déséquilibres structurels, alors on se prépare de nouveaux problèmes… et de gros défis », a déclaré Trichet, en réponse à une question lors d’une conférence à
    Londres.

    « Il ne s’agit pas seulement de la Chine mais aussi d’un certain nombre d’autres pays émergents, en Asie en particulier, et aussi bien sûr d’un certain nombre de pays industrialisés » avec de larges
    déficits, a ajouté le président de la BCE.

    Le plus gros déficit commercial qu’aient les USA avec un pays particulier est la Chine. La gestion du yuan par la Chine lui donne un avantage injuste dans les échanges commerciaux, estiment
    certains. Les Etats-Unis, mais aussi l’Europe, prient instamment la Chine de laisser le yuan flotter plus librement.

    Un peu auparavant, Jean-Claude Trichet avait dit que les tensions qui pesaient sur le système financier de la zone euro diminuaient. Il avait ajouté que la reprise dans certain segments du secteur
    financier était « significative ».

  26. Suite article 40 de JC.

    Désendettement record des ménages américains… faut quand même pas exagérer. Ces journalistes nous font prendre des vessies pour des lanternes.

    La stat Z1 du T3 de la Fed montre que le « home mortage » (dette immobilière) est passé de 10481 à 10291 (soit -1.81%) et que le « consumer credit » (crédit à la conso) de 2611 à 2519 soit -3.52% pour
    un total de -2.15%

    http://www.federalreserve.gov/releases/z1/Current/z1r-2.pdf

    A ce rythme là, il faudra des décennies pour retrouver un endettement raisonnable.

  27. Salut jef,

    Tu as complétement raison mais ce que veut probablement dire le journaliste c’est que la dette baisse de près de 2 % en glissement annuel alors qu’elle ne faisait que grimper auparavant (il y a eu
    de nombreuses années à + 10 % en glissement annuel). C’est tout de meme une petite révolution aux US. C’est la première fois que la dette diminue depuis 76.

  28. Salut JC.

    C vrai et en même temps cette baisse reste tellement dérisoire qu’elle fait peur. Une forme d’impuissance symbolique.
    Quand on mesure l’intensité de la crise que l’on vient de traverser, les sommes pharamineuses englouties dans les déflations d’actifs de toutes natures, le niveau devenu explosif des dettes
    publiques et… la si faible répercussion sur l’endettement des ménages US…on se dit non seulement qu’on est pas sorti du tunnel mais qu’en plus, ce ne sera pas de ce côté qu’il va falloir aller
    chercher la croissance de demain.

  29. C’est une vrai dépression, il n’y a aucun doute. Je publierai bientot un nouvel article qui explique pourquoi le prix des actifs n’évolue pas exactement comme lors de la crise japonaise ou celle de
    29.

  30. Source AFP

    Les marchés financiers ont rebondi en 2009 mais les incertitudes substistent :

    Les marchés mondiaux d’actions, de matières premières et de monnaies ont rebondi main dans la main en 2009 après un vertigineux plongeon jusqu’en mars, mais 2010 pourrait être l’année de tous les
    dangers, alors que le doute demeure sur le rythme et la vigueur de la reprise.

    « Pour les marchés financiers, l’année écoulée peut être comparée à un tour de montagnes russes », commentaient les analystes de Rabobank.

    Les difficultés continues du secteur financier mondial et l’impact plus fort que prévu de la crise sur l’économie réelle ont plongé en mars les marchés d’actions et de changes dans la déprime.

    Seuls les plans de relance et l’abaissement des taux d’intérêt à des niveaux sans précédent ont pu les extirper.

    Par exemple, le Dow Jones, indice vedette de Wall Street, est tombé début mars pour la première fois en plus de douze ans sous les 7.000 points, pour ensuite repasser au dessus de 10.500 points
    début décembre.

    « Jusqu’à présent, le remède des plans de soutien a l’air de fonctionner, parce que la plupart des économies renouent avec la croissance », notaient les analystes de Wells Fargo Securities.

    Au fur et à mesure que la confiance en la pérennité de la reprise grandissait, le dollar, une des grandes valeurs refuges, perdait de la vigueur, délaissé pour des investissements plus risqués mais
    également plus rentables.

    Fin novembre, l’euro a atteint un plus haut en 15 mois à 1,5144 dollar pour un euro.

    Bénéficiant de la faiblesse du dollar, l’or a volé de record en record en 2009, pour atteindre un plus haut historique à 1.226,56 dollars l’once début décembre, également soutenu par la volonté des
    pays émergents de diversifier leurs réserves en billet vert.

    Le pétrole a aussi bénéficié de l’affaiblissement du billet vert, son prix ayant plus que doublé pour repasser au dessus de 80 dollars, avant de redescendre un peu en fin d’année.

    Cependant pour 2010, « les fondamentaux (de l’offre et de la demande, ndlr) restent faibles et les incertitudes vis-à-vis de la robustesse des marchés de matières premières restent élevées », notait
    Christophe Barret, analyste pétrole chez Calyon. Jeudi, le baril est ainsi repassé sous 70 dollars à New York.

    « La grande question est de savoir si les tendances haussières de ces neuf derniers mois vont se poursuivre l’année prochaine » sur l’ensemble des marchés, s’interrogeait David Woo, analyste chez
    Barclays Capital.

    Même dans les économies qui se remettent à croître, « la reprise n’est pas encore réellement pérenne par elle-même… et son rythme devrait rester péniblement lent » en 2010, commentait également
    Wells Fargo.

    Les marchés craignent principalement une reprise en « W », c’est-à-dire une reprise pouvant subir un deuxième creux.

    Ce scénario morose a été renforcé depuis deux semaines par des craintes sur d’éventuelles défaillances d’Etats, comme Dubaï, la Grèce, le Portugal et l’Espagne.

    Dans tous les cas, les pays émergents devraient être les locomotives de la reprise, estiment la plupart des économistes. « La majorité des économies asiatiques devraient obtenir des taux de
    croissance solides l’année prochaine, grâce à l’élan de reprise déjà installé dans la région », prévoyaient les analystes de Wells Fargo.

    Pour prendre en compte la croissance de l’économie chinoise et la faiblesse du dollar, les cambistes anticipent d’ailleurs une réévaluation du yuan chinois, actuellement indexé sur le dollar.

    Pour des raisons partiellement indépendantes des autres marchés, les matières premières alimentaires ont flambé en 2009. Le sucre et le cacao ont par exemple touché des records depuis un quart de
    siècle environ, à la faveur de craintes de pénuries.

  31. Bonjour Jean-Christophe,

    Merci pour votre blog dont j’admire la finition, le contenu et la gestion. Question simple: « Quel serait le comportement du dollars et du rimimbi en cas de rechute de l’économie mondiale.

    En vous remerciant.

    PS. J’ai du changer d’e-mail, le précédent ne fonctionnant plus. 

  32. Bonsoir Olivier et merci,
    Sans être devin, si l’économie rechute, le dollar va grimper  : monnaie refuge et retour de l’aversion au risque, ceci d’autant que ca peut se produire si les taux courts remontent un peu aux
    US et chez les chinois. Le rimimbi, étant pour l’instant à parité fixe avec le dollar, s’appréciera d’autant. Pas sur toutefois que les US montent leur taux avant longtemps. C’est bien tout le
    problème de l’anticipation d’uen chronologie.

  33. Article intéressant, repris sur le site « Project Syndicate »:
    http://www.project-syndicate.org

    Je recommande ce site qui reprend régulièrement des articles de « grosses pointures » mondiales, y compris des chefs d’état, sur l’économie, la politique,les affaire étrangères, etc … extraites de
    plus de 400 journaux partout dans le monde

    Parmi les économistes contributeurs réguliers: Rogoff, Roubini, Shiller, Eichengreen, De Long, Stiglitz, Phelps, etc …

    L’article : http://www.project-syndicate.org/commentary/deweaver2

  34. Etablissements voyous : Goldman Sachs menace le Trésor britannique de délocaliser 20% de son personnel anglais en Espagne pour échapper à la loi sur les bonus (Independent)

    Pour des banques qui ne doivent leur survie qu’à la générosité du contribuable américain … Je ne comprends toujours pas que l’on ait pas nationalisé au moins temporairement certaines banques.
    L’expérience suédoise des années 90 avait pourtant été une réussite. Je suis pas un chantre de la chasse aux traders mais là c’est l’impunité totale pour les actionnaires.

  35. Même si c’était parfaitement justifié, je n’ai jamais imaginé une seconde que les Etats-unis puissent nationaliser une banque.

    Avec AIG, GM, et en plus dans le viseur une réforme des soins de santé, c’était un peu dur à faire avaler à une population à 50% très conservatrice et pour qui « small government » est
    une religion.

    Imagine un peu les titres de la presse: l’état prend le contrôle de l’économie, socialisme, communisme, etc …

    Sans parler évidemment de la relation symbiotique entre le pouvoir politique US et le milieu des affaires.

    Ceci dit, la majorité du marché des crédits hypotécaires est indirectement nationalisée via Fannie & Freddie, non ?

  36. Bonjour Marc,
    C’est vrai mais renflouer des boites privées promise à la faillite pour qu’elles manifestent ensuite une telle arrogance, a quelque chose d’agaçant Surtout que les gens de chez Lehmann en disgrace
    avec le pouvoir ont été sacrifiés. Pourquoi l’un et pas l’autre ? Mais ces réflexions sont en effet plus politiques qu’économiques.

  37. La chute de l’empire romain reste certainement un des best-sellers de tous les temps. Surtout lorsque l’humeur est post-apocalyptique …

    Un historien en profite pour en faire un édito dans le FT:
    http://www.ft.com/cms/s/0/4b44d88e-ef39-11de-86c4-00144feab49a.html?nclick_check=1

    Une chose me titille cependant dans l’article:

    « The reason the Romano-British economy collapsed so dramatically should give us pause for thought. Almost certainly the suddenness and the catastrophic scale of the crash were caused by the
    levels of sophistication and specialisation reached by the economy in Roman times. The Romano-British population had grown used to buying their pottery, nails, and other basic goods from specialist
    producers, based often many miles away, and these producers in their turn relied on widespread markets to sustain their specialised production. When insecurity came in the fifth century, this
    impressive house of cards collapsed, leaving a population without the goods they wanted and without the skills and infrastructure needed to produce them locally. It took centuries to reconstruct
    networks of specialisation and exchange comparable to those of the Roman period. »

    Hum, hum … 
    Sans être cassandre, on ne peut pas s’empêcher de s’inquiéter face au suicide industriel dans lequel l’occident s’est engagé depuis 20 ans.

    Il ne faudrait pas croire que les chinois ou les indiens vont sagement être nos ouvriers.

    Les emplois à forte valeur ajoutée sont directement menacés d’outsourcing.
    Je suis cadre chez un opérateur de télécom. La seule chose que le management rêve de faire, c’est d’outsourcer toute l’ingénierie du réseau et les développements IT aux indiens et aux
    chinois. Le renouvellement complet de notre réseau mobile 3G vient d’être attribué à Huawei. La plupart de nos contrats de consulting IT vont être arrêtés et remplacés par les services de Tata
    consulting.

    Pour les dirigeants d’entreprises occidentales, le modèle de l’entreprise du 21° siècle en Occident, c’est du marketing, de la vente, un département financier, quelques chefs de projet et tout le
    reste sous-traité.

    En tant qu’ingénieur, je suis consterné. Les managers actuels ne considèrent plus que la maîtrise technologique est un élément stratégique de leur entreprise, mais simplement un service qui
    s’achète ailleurs. D’ailleurs il ne faut pas les embêter avec la technologie, ça ne les intéresse pas. Le futur, c’est le « service », conçu par les marketeers. La réalisation technique du
    service, c’est bon pour les chinois. 

  38. Bonjour Jean-Christophe,

    « agaçant » est vraiment un euphémisme, je te trouves bien poli :-)

    Et pas un banquier n’a reconnu une once de responsabilité.
    Ils ont tous fait ce qu’il fallait, c’est à dire exactement comme tous les autres.
    Ca c’est du vrai leadership !
    “As long as the music is playing, you’ve got to get up and dance,”
    C’est pour cela qu’ils méritent un si gros salaire …

    Imagine-t-on un général qui perd la batailles et qui essaye de se justifier en invoquant le mauvais temps, la boue, ou toute autre circonstance extérieure imprévisible, et que
    tout le monde appliquait la même tactique que lui ?

  39. A Marc,

    La crise occidentale actuelle montre effectivement des similitudes incroyables avec la chute de l’empire romain. Le transfert de la production de biens et de richesses vers les colonies était une
    forme de délocalisation. Les choses ont un peu changé. Les jeux du cirque se déroulent aujourd’hui dans les salles de marchés ou à la télévision avec la télé-réalité. Reste à savoir d’ou viendra la
    barbarie.

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