Les forces qui mobilisent les indices américains deviennent complexes.

Larry Kudlow, le conseiller économique de la maison blanche s’est exprimé sur CNBC hier, en plaidant pour une baisse des taux et un arrêt immédiat de la réduction du bilan de la FED. Le gouvernement de Trump a habitué les milieux économiques à une certaine forme de FED bashing. Mais derrière ces injonctions répétées pour une politique monétaire plus souple, il existe une réelle inquiétude. Donald Trump veut finir son mandat dans un contexte de situation économique florissante et il est prêt a tout pour que la croissance se poursuive au delà de la durée habituelle du cycle économique. La conséquence de cette politique est un endettement grandissant de tous les acteurs souverains ou privés et un déficit budgétaire historiquement élevé.

La FED sous la pression de Trump est devenu dovish en justifiant sa position par une situation internationale beaucoup moins séduisante que celle des Etats-unis et il n’y aura probablement aucune nouvelle hausse des taux cette année.

Il est important d’étudier à ce stade le jeu des différents acteurs du marché actions.

Les grands fonds d’investissement à long terme ont vendu beaucoup d’actions l’an dernier. Ils l’ont fait en janvier 2018 en anticipant la hausse des taux de la FED en réponse à la surchauffe de l’activité. Ils ont ensuite vendu les indices en novembre et décembre 2018 dans l’attente d’une récession US pour début 2020. Leur niveau de liquidité est élevé et je ne crois pas qu’ils reviendront sur les actions tant que le cycle économique ne sera pas achevé. C’est ce qui explique la faiblesse des volumes du mouvement acheteur actuel.

Les achats en cours sont le fait des gérants « global macro » qui surfent sur la baisse attendue des taux d’intérêt, avec un horizon d’investissement à quelques mois. La prime de risque s’est en effet reconstituée avec la chute des rendement long terme sur tous les titres de créances. Il en résulte une inversion de la courbe des taux entre le 3 mois et le 10 ans qui précède historiquement une récession.

Les acheteurs du marchés sont donc des mains faibles qui investissent à court terme en arbitrant les produits de taux pour les actions et en attendant les coupons du mois d’avril.

Les vendeurs du marchés sont peu nombreux puisque les grands institutionnels ne bougent plus après la distribution de 2018. Ce sont surtout des particuliers qui vendent le marché haussier par esprit contrarien.

Ces éléments d’analyse sont confirmés par la faible pondération des allocations actions relevée chez les gérants long terme, les volumes de transaction et le positionnement des différents acteurs sur le CFTC.

Ma conclusion est double :

  • Donald Trump va tout faire pour que les marchés restent en lévitation mais il n’échappera pas à la logique des cycles économiques qui veut qu’il n’y aura pas d’atterrissage en douceur et que les USA subiront une récession.
  • La prochaine crise sera profonde économiquement car la dette globale va redevenir une préoccupation majeure. Elle sera également importante boursièrement parlant car les mouvements de ces deux dernières années ont transféré les actions des mains fortes vers les mains faibles. La prochaine évolution baissière sera donc puissante, rapide et motivée par des inquiétudes légitimes. Le mois de mai après la distribution des dividendes est une échéance possible pour la chute des marchés, mais celle-ci pourrait être retardée à l’automne si Trump parvient à prolonger artificiellement la croissance.

Chez Krechendo nous avons plutôt hedgé des positions courtes. Nous ne sommes pas acheteurs dans le mouvement actuel et restons short pour le moyen terme.

54 réflexions au sujet de « Les forces qui mobilisent les indices américains deviennent complexes. »

    • Bonjour eric,
      Le site Krechendo est en travaux. Nous y reviendrons bientôt mais sa fréquentation devrait être gratuite. Seuls les formations seront payantes.

  1. La gestion de la FED est très réactive depuis 2008. mais les banques centrales ne peuvent pas tout. Ce qui est inquiétant aujourd’hui pour les marchés, c’est que le papier est dans les mains faibles, les court-termistes qui n’hésiterons pas a vendre massivement les actions à la moindre étincelle. L’esprit grégaire prolongera le mouvement chez les particuliers de façon puissante lorsque le pessimisme va s’emparer des marchés.

  2. Salut Jean Christophe, merci pour l’article il est très bien. Tu penses quoi du Forex pour l’instant Eurusd par exemple ? Si tu as le temps de me répondre merci.

    • Pas de lisibilité sur le forex. Tous les pays dessèrent leur politique monétaire. Il n’y a donc pas de divergence.

    • bjr dominique
      j ai pris mes gains sur eur usd la semaine derniere
      j attends de voir la direction mais ce n est plus 2018, la fed a stoppé, voir va baisser les taux
      pas de divergence comme dit JC mais le carry trade est puissant encore

  3. merci JC pour cette analyse que je partage complètement.

    Je viens de lire Mastering the Market Cycle: Getting the Odds on Your Side d’Howard Marks qui expliquent très bien le fonctionnement des cycles et la psychologie des foules en bourse. Et effectivement quand cela va se retourner, cela va faire mal !

    Moi ce qui m’interpelle, c’est la mémoire extrêmement courte qu’il y a dans le monde de la finance. Les crises sont oubliées très rapidement et retombent perpétuellement dans les mêmes travers…et les particuliers non avertis finissent toujours rincés (ils achètent haut et vendent bas). Une histoire sans fin..

  4. juste une idée comme cela (et meme si il y a eu prise de stp des banques en pétant 0.70 rapidement)….la RBA avait parlait d’un taux à 0.70 pour AUDUSD)…comme étant sa target il y a 1 ou 2 ans…Du coup acheter l’AUD face à USD proche des 0.70 et peut etre ce qu’il y a de mieux à faire sur le forex…

  5. Le marché price un bon nfp….quand il sera paru (moyen/bon)…. la nouvelle sera revendu je pense…. je vais scaler AUDUSD à la hausse entre 0.70 et 0.7050 ! )….nous sommes le 02/04/2019

  6. J’ai rehedgé ce matin pour mettre mes comptes en sécurité mais la situation est très délicate sur les indices. Je suis persuadé qu’un mouvement de chute peut survenir dans les mois qui viennent et etre violent.

  7. Je ferai un live vendredi à 14 h 15 avant les NFP. En revanche je ne pourrai pas l’enregistrer car je ne serai pas sur ma station habituelle

  8. Le SP poursuit sa hausse aprés de mauvaises stats aujourd’hui et hier. Il joue clarement les taux en pensant qu’il n’y aura pas de récession. C’est un air connu. Je reste hedgé complètement neutre car il est possible que les anciens plus hauts soient de nouveau atteints.

    • Je ne sais pas C’est possible. Mais je reste hedgé à zéro. Ca pousse vraiment à la hausse.

  9. L’ADP est mauvais mais ca grimpe quand meme. Seule la baisse des taux intéresse les traders court terme. Il y a un moment ou le marché va voir le verre a moitié vide.

  10. Plus c’est mauvais, plus ça monte…et quand stats bonnes, ça monte aussi…marché bullish et excessif. C’était identique mais à l’inverse en 2008/2009. Quand la musique s’arrêtera…

    • Oui il faut rester hedgé stop zéro. On ne sait pas jusqu’ou ca peut aller.

  11. Pour ceux qui tradent le forex en ce moment : Citi vise EUR / USD à 1,18 et GBP / USD à 1,39 d’ici la fin de l’année

    • ok..il fut un temps on avait ça sur Prof forex.. un autre endroit maintenant pour voir les avis LT de qqs banques ?

  12. Trump say Fed should cut rates and stop balance sheet runoff
    C’est tout le problème. Trump ne pense qu’a sa réélection. Je reste hedgé.

  13. Une question, si les taux etaient a 5% je veux bien qu’une baisse des taux aident les entreprises et l’economie US, mais a 2,5% franchement qu’est ce que une baisse peut tant apporter? D’un cote depuis 2008 il y a beaucoup d’entreprises zombies qui survivent grace aux taux bas

    • La réduction du bilan de la Fed de 50 milliards par mois qui va être prochainement arrêtée,
      correspondaient en taux selon certains calculs à 2%, 3%.
      Donc on peut considérer que les taux courts de 2.5% + réduction du bilan = 5% ce qui n’est pas rien.

  14. Le président Donald Trump a intensifié sa guerre avec la Réserve fédérale américaine, mais à un moment où les marchés poussent les décideurs en matière de politique monétaire dans la direction de Trump. Trump a jusqu’ici abandonné sa politique consistant à nommer des candidats ordinaires au conseil des gouverneurs de la Fed, siège du pouvoir à la banque centrale américaine, en menaçant de nominations controversées aux deux postes à pourvoir au sein du conseil d’administration composé de sept membres.

    Auparavant, il avait confié la vice-présidence à l’économiste de la Colombie, Richard Clarida, et à Michelle Bowman de pourvoir au poste de banque de proximité. Deux autres nominations l’année dernière, Marvin Goodfriend, économiste chez Carnegie Mellon, et Nellie Liang, de longue date à la Fed, étaient peut-être un peu trop classiques, avec Goodfriend trop farouche sur l’inflation et Liang trop insistant sur la réglementation. Les deux ont échoué dans le processus de confirmation du Sénat et leurs nominations n’ont pas été renouvelées par le nouveau Congrès.

    Alors maintenant, Trump devient de plus en plus perturbateur, nommant des partisans de confiance qui, selon beaucoup, ne répondent pas aux normes minimales du conseil. Fin mars, il a annoncé la nomination de Stephen Moore , l’un de ses conseillers économiques lors de la campagne de 2016 et commentateur de premier plan à la télévision. Puis la semaine dernière, il a annoncé qu’il nommerait Herman Cain, un magnat de la pizza qui avait été candidat à la présidence en 2012 et qui avait collecté des fonds pour Trump en 2016.

    Leur mission, a clairement expliqué Trump, consisterait à faire pression sur le président de la Fed, Jay Powell, non seulement pour s’abstenir de relever les taux d’intérêt , mais également pour les réduire et permettre à l’économie de retrouver une croissance rapide. Le fait est que la Fed va déjà dans cette direction. Les marchés à terme nous disent qu’il y a une probabilité de 50% de réduction des taux d’un quart à un demi-point d’ici la fin de l’année.

    Que le fameux pivot de la Fed en janvier, éloigné d’une trajectoire de hausse progressive des taux et d’un bilan de bilan du pilote automatique, soit dû ou non à la pression présidentielle, devient sans objet. De toute façon, il semblerait que Trump ait eu raison. La hausse des taux de décembre et peut-être celle de septembre ont été une erreur.

    Ni Moore ni Cain ne voudraient être confirmés par le Sénat, et Cain pourrait même ne pas survivre à la vérification dont il disposera pour être officiellement nommé. Sa nomination n’est pas aussi farfelue que cela puisse paraître, puisqu’il a siégé au conseil d’administration de la succursale de Omaha de la Fed de Kansas City et qu’il a finalement présidé la banque de Kansas City elle-même. Les banques régionales sont généralement représentées par des personnalités du monde des affaires locales et comptent sur celles-ci pour apporter une contribution concrète à l’économie.

    Le conseil d’administration de Washington, cependant, est un animal différent, doté de doctorats en économie ou au moins de professionnels possédant une expérience approfondie de la banque et des marchés. A la lumière de ces critères, Moore et Cain pourraient ne pas réussir.

    Mais cela n’est peut-être pas le cas, car Moore a un privilège fiscal de 75 000 $ sur sa propriété et une citation pour outrage à la cour pour son défaut de payer une pension alimentaire et la pension alimentaire que de nombreux législateurs considèrent comme inéligibles. Cain a été chassé de la course à la présidence de 2012 par des rumeurs d’infidélité sexuelle.

    Cela n’a guère d’importance, cependant, car Trump a bien expliqué son point de vue. L’utilisation même du processus de nomination en tant que chef de file pour convaincre les décideurs politiques a été suffisamment perturbatrice.

    Si Moore ou Caine tiennent le gant pour se faire élire au conseil d’administration, ils feront sans doute beaucoup de bruit et utiliseront leur position de membres votants permanents au Comité fédéral du marché ouvert (FOMC) pour se dissocier des décisions contestées par le président. Mais l’impact réel se ferait sentir dans les débats à huis clos, où un effort concerté de ces personnes nommées à Trump pourrait faire pencher la balance en faveur ou à l’encontre de certaines initiatives d’un comité motivé par consensus.

    Le FOMC a horreur de voir une dissidence parmi les 12 membres votants, tandis que deux dissidentes marquent l’histoire. Mais il faudrait beaucoup plus qu’un débat animé ou un vote dissident pour surmonter l’enracinement institutionnel de la Fed. En fin de compte, il y a peu de risques, en dépit de commentaires alarmants, que Moore ou Cain aient un effet permanent sur le fonctionnement de la banque centrale.

    Src investing.com

  15. Je me suis mis en long +0.10 aujourd’hui pour le fun. Je crois qu’on va vers les plus hauts de septembre.

  16. Les marchés actions sont aveugles le spread entre le 3 mois et le 10 ans est à 5 points de base. les actions montent car les taux baissent et une récession parait impossible. Ce n’est pas ce que dit le marché obligataire.

  17. Mike Pence vient d’affirmer qu’il n’y a aucun risque de récession. Ce genre de commentaire fleurissent depuis qq mois. Pourquoi essayer de rassurer les marchés si tout va bien ?

    • la récession ne vient en moyenne que plus d’un an et demi après l’inversion de la courbe des taux, donc je pense que l’on est en mode « on a le temps ça va encore monter »

  18. Une fois n’est pas coutume, je citerai KEYNES: « The Market Can Remain Irrational Longer Than You Can Remain Solvent »

    C’est pour ça que je suis toujours hyper (bcp trop même !!) prudent avec le levier…je vais attendre patiemment que ça se retourne et entrer dans la danse en cours de route. De toute façon, je n’ai pas la psycho nécessaire pour être « chargé » donc je serais incapable de faire ce que tu as fais l’EUR/USD il y a quelques années JC. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir le mental pour tenir de grosses positions aussi longtemps. Je fais avec les moyens du bord donc ;)

    Pour les stats, on remarque un regain d’inflation tout de même. A surveiller car si inflation repart vraiment à la hausse, la FED ne pourra pas baisser ses taux, non ?

  19. en route vers les plus haut…ça pousse toujours !

    En gros +25% en 4 mois en quasi ligne droite…c’est incroyable quand même !

  20. le sp500 fait quand même plus de X4 en 10 ans. Je veux bien qu’il y ait un potentiel de hausse encore…mais en terme de probabilité quand on se situe en fin de cycle comme maintenant, je parierais quand même plus sur une baisse assez forte que l’inverse à échéance 5 ans…mais bon les marchés étant ce qu’ils sont ;)

    • Bien sur ! C’est toujours le meme refrain. En attendant il ne faudra pas rater la chute. Je pense que je vais programmer des sells stop en scaling pour retrouver les positions que j’ai vendues durant la montée des prix.

    • Le rebond du debut de l’annee correspond presque a la valeur du SP500 en mars 2009 (plus bas 666, rebond autour de 570 pts)

  21. Bonjour à tous, on campe sous la résistance toujours hedgé a plus de 100 % stop zéro. Le prix des actions US ne flambe que parce que la FED a perdu son indépendance. Trump va au delà de tout ce qui est tolérable en termes de politique monétaire et de pression sur la FED. La prochaine crise économique sera à la hauteur des excès commis.
    https://www.cnbc.com/2019/04/15/fed-chair-jerome-powell-could-resign-if-browbeaten-enough-sri-kumar.html

  22. Je vais probablement prendre mes bénéfices su mon surplus de long dans le hedging si on touche les anciens plus hauts

  23. Ca chauffe. J’ai pris de gains sur mes 0.1 + et j’ai pris un short de 0.10 pour envisager un scaling. Le stop sera financé par mes gains pris.

  24. Etape importante car le marché est cher et l’économie en fin de cycle mais les stats sont encore bonnes.

  25. Les markit sont décevants. Je continue à jouer la résistance mais avec de faible volumes pour l’instant.

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