Le pétrole pourrait poursuivre sa chute

Vladimir Poutine

Par Jean Christophe Bataille.

Le seul foyer de croissance mondiale se situe actuellement aux Etats-Unis. L’économie américaine bénéficie des mesures quantitatives mises en œuvre très précocement par la FED pour lutter contre les effets du deleveraging. Il est difficile de dire si cette croissance va entrainer les autres parties du monde ou si au contraire la morosité économique va se globaliser. Cela dépend pour moi de la promptitude de la BCE à adopter de telles mesures. Tant que cette incertitude existera, le pétrole devrait poursuivre sa chute. La hausse continue du dollar est aussi un appui puisqu’elle fait baisser le Crude en monnaie courante.

Le deuxième élément qui affecte les prix du pétrole est de nature géopolitique. L’annexion de la Crimée par la Russie rappelle des temps révolus où les dirigeants soviétiques grignotaient systématiquement les pays qui les entouraient. On peut dire en passant que les promesses faites par l’Europe d’intégrer l’Ukraine dans la communauté puis dans l’OTAN ne pouvaient que raviver l’ire des anciens soviets. Les camouflets subis par Vladimir Poutine lors du G20 sont là pour rappeler que le concert des nations ne tolérera pas une reprise de l’ancien expansionnisme territorial. Les sanctions économiques appliquées à la Russie ont commencé à produire leurs effets. Le rouble s’effondre et l’inflation approche les 8%. Le principal moteur de cette inflation est la très faible capacité de production de la Russie. Après le désastre de l’ère communiste, ce pays fonctionne malheureusement comme un pays du tiers monde. Il produit des matières premières et importe la plus grande partie des produits manufacturés qu’il utilise. Il est incapable de fabriquer suffisamment de biens pour alimenter sa consommation intérieure. Or lorsque l’offre devient très inférieure à la demande du fait des sanctions économiques, les prix montent.

Coté recettes, la richesse de la Russie n’augmentera surement pas à court terme car la faiblesse de la croissance mondiale fait baisser le prix de l’énergie, et l’Arabie Saoudite, allié obligé de l’Amérique contre Daesh, aggrave la situation en augmentant fortement sa production. La croissance de la production non-OPEP et hors Amérique du pétrole devrait rester, dans le même temps, supérieure à l’augmentation de la demande, ce qui devrait se traduire par d’importants excédents sur le marché mondial. La concurrence avec les autres pays producteurs non-OPEP, dont la Russie est l’un des plus importants, crée une diminution globale de leurs revenus. Bien sur, Vladimir Poutine a rapidement tenté un rapprochement avec la Chine afin de trouver de nouveaux débouchés pour sa production et d’obtenir encore des produits manufacturés qui permettent de contenir une partie des prix à la consommation. Mais l’appétit des Russes pour les produits occidentaux ne se tarira pas et les prix n’ont pas fini de grimper dans ce pays. Et la Chine a d’autres intérêts avec l’occident …

Le pétrole devrait rester baissier tant que la croissance européenne ne promet pas d’être meilleure et tant que Vladimir Poutine ne renonce pas à ses velléités expansionnistes. Le seul frein à la baisse est la stagnation du dollar après un rallye très important. Le prix du pétrole est en effet inversement corrélé au prix du dollar.

Nous testons donc avec prudence des positions shorts sur le Brent (UKOIL) dans ses accès baissiers.

J’ai déjà pris quelques lignes mais attendre l’issue de la réunion de l’OPEP du 27 novembre pour prendre des positions plus lourdes serait pertinent.

34 réflexions au sujet de « Le pétrole pourrait poursuivre sa chute »

    • Oui, intéressant et cette phrase est importante dans le cadre d’une stratégie de déstabilisation des régimes de ces pays :
      « C’est que la Russie a besoin d’un baril à 110 dollars pour boucler son budget, le Venezuela de 120, l’Iran de 140 et l’Algérie pour les lois de finances. »

      J’ajouterais que pour l’Algérie il faut s’attendre à la disparition du Président Bouteflika et donc à une possible déstabilisation du régime. Car même moribond, Bouteflika fédère encore l’Algérie.

  1. A court terme, il est possible que le brut monte dans l’attente de la réunion de l’OPEP et rechute lourdement à la suite de cette réunion. Attention à la hausse actuelle ! Il faut pouvoir l’encaisser.

  2. J’ai rajouté un message de précaution. Ne chargez pas vos premières positions. Les reversals sont monnaies courantes dans les UT courtes.

  3. La Crimée, c’est Sébastopol et Sébastopol, port russe depuis toujours, le seul accès pour la Russie à la méditerranée. C’est aussi cela que visait les USA car, au-delà, il y a tout le Moyen-Orient.. Bah oui, il n’avait qu’à dire : « Oui, mais prenez-là la Crimée, faites la rentrer dans l’UE ! » C’est çà, n’est-ce pas ? Quand on veut créer le chaos, on cherche à prendre à l’ennemi quelque chose qu’on est sûr qu’il ne lâchera jamais. Tant qu’à faire, autant le provoquer en Europe, loin de chez soi.

    • Bonjour à tous,
      La montée du crude a invalidé notre prise de position à court terme. La tendance court terme reste indécise après la hausse d’hier. J’ai matérialisé ce matin des pertes, en avance, sur une bonne partie de la position pour pouvoir poursuivre avec le reste en stoppant plus haut, à 83.40 $, sans dépasser 2 % de perte au global sur trade UKOIL. Si vous êtes déjà à 2 %, sortez du trade. C’est une discipline qu’il faut savoir respecter. Il ne faut pas hésiter à sacrifier les foyers de pertes pour mieux rebondir. Je rappelle pour ceux qui ont pris des positions trop lourdes qu’une des meilleures façons de trader est de multiplier les petites positions pour éviter de trop charger. Pensez que sur le short EUR USD, j’ai eu jusqu’à près de 200 positions. Ce n’est pas le levier qui fait gagner de l’argent mais la multiplication de petites positions le long d’une tendance solide.

  4. Draghi parle énormément de l’inflation dans son discours. les marchés ont foncé. souhaitons maintenant que Merkel ne gachre pas la fête, sinon on va faire du yoyo.
    le Brent réagit enfin?

  5. Le brent franchit le Kumo à la hausse en H4. Il est préférable de sortir de toutes les positions. Trade invalidé. Les prix devraient rejoindre la borne haute du canal en attendant la réunion de l’OPEP.

  6. Bon, J’ai pris 5 mini lots short sur EUR/USD et 5 mini lots sur USD/JPY.
    J’ai 2300 % de marge limite, ça devrait me permettre d’encaisser les variations.
    Mainteneant, je ne bouge plus jusqu’ à EUR/USD 1.20 et USD/JPY jusqu’à 1.22.
    Je me sens trop débutant pour le pétrole.

  7. L’analyse de fond reste probablement valable mais l’entrée en trade était mauvaise car réalisée en break out. Il fallait attendre le haut de la consolidation pour entrer la première ligne. La réunion de l’OPEP inquiète les investisseurs alors qu’elle accouchera probablement d’une souris mais elle risque de faire remonter les prix au niveau de la borne supérieure du canal hebdo.

    Je vais me répéter une fois de plus. Il faut prendre des petites positions avec stop éloignés que vous gardez et faites courir dans la tendance et ne jamais prendre de grosses positions qui sont stoppées dès la moindre bougie ou qui vous entrainent dans un énorme drawn down parce que, comme Kerviel, vous avez refusé de sortir. Je vous rappelle que ça mène tout droit chez Melenchon !

    Soignez vraiment votre money management. J’ai vu sur cette entrée UKOIL des lecteurs prendre des positions trop fortes. Les entrées en position sont souvent risquées même dans les tendances établies. Vous ne devez pas supporter plus de 2 % de pertes en capital sur votre première entrée dans une tendance. Tous les traders prennent des pertes mais chez les bons, elles sont toujours limitées. Ce sont les gains qui doivent être importants. Je travaille sur un risk reward de près de 50 en tradant en UT longue sur des tendances fortes mais sans méthode, ni money management, vous pouvez transformer ça en pertes massives.

  8. il me restait une position short d’eur/cad qui trainait, je l’ai renforcée ce matin suite au discours de draghi , au x ruptures de support dans la matinée et légèrement suite aux bons IPC canadiens cet après midi. d’un point de vue plus graphique on était en haut d’un canal D1 avec des prix qui ont traversé le kijun puis le tenkan sans s’arrêter.il y a également un overlap hebdo qui a été franchi à la baisse.A surveiller si retour de flamme !!

  9. Bonjour

    Je sais que vous n’êtes pas fan d’Elliot mais on peut parfaitement voir sur les prix en UTJ du Brent les 5 vagues de baisse avec une superbe divergence haussière sur le RSI entre la fin de 3 et la fin de 5. La hausse était prévisible et va être conséquente, probablement 50% de retracement ou plus.

  10. En fait je l’ai vu que cet après midi … d’une façon générale je ne trade pas le pétrole à cause des fins de contrats et du contango mais vos commentaires m’ont poussé à jeter un oeil … mais en effet j’aurais pu regarder plus tot, désolé.

    • Effectivement. C’est toujours plus facile après surtout avec l’Elliotisme.

    • Les entrées restent très aléatoires. Je connais peu de situations où on est sur de son entrée. La réussite ne dépend de toute facon que de la stratégie de conduite du trade et du money management. Ce que je dis des vagues vaut aussi pour d’autres techniques graphiques. On est jamais sur de rien sur les UT courtes;

  11. Quand on voit le casse gueule du brent de ce soir, on se dit qu’il n’y a pas de règle en UT courte et que le brut ira toute même à la cave. Ca confirme qu’en dehors des UT longues, pas de salut.

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