La charge de la dette et l’impératif d’un euro faible

Par Jean Christophe Bataille

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En adoptant un plan massif de soutien à ses membres les plus faibles, les pays européens ont finalement montré au monde leur volonté de préserver l’Europe. Je ne pouvais imaginer que les allemands, à l’origine du processus d’unification, puissent abandonner l’idée de l’Europe et de sa monnaie unique. La cohésion européenne est pour moi acquise depuis dimanche.


Une fois prise cette décision politique à valeur historique, l’Euroland va devoir composer avec une dette considérable et les impératifs de produire suffisamment de croissance pour que le PIB européen progresse plus fortement que la charge financière de la dette. Tout sera fait pour que la locomotive allemande et le wagon français montent en puissance. Pour cela il faut résoudre une équation : le maintien d’un euro faible pour favoriser les exportations, des plans de rigueur suffisamment modérés pour ne pas freiner l’économie mais suffisamment conséquent pour réduire la dette. Cette équation n’a qu’une solution, la dévalorisation de l’euro et la monétisation de la dette des pays toxiques.


Je maintiens donc mes pronostics de baisse de la monnaie unique, d’inflation à moyen terme dans la zone euro et mes recommandations d’achat à crédit sur l’immobilier.

29 réflexions au sujet de « La charge de la dette et l’impératif d’un euro faible »

  1. Tu crois pas que la hausse des taux (reel) fera monter le cours de l’euro ?
    L’allemagne ne laissera pas tomber 50% de sa clientèle : l’europe au sens XL (inclus l’ile de l’autre coté de la manche).

  2. Les taux longs n’ont pas d’influence sur la valeur de la monnaie. Ils sont le reflet des anticipations d’inflation et de confiance dans la monnaie par le marché. Pour que l’euro monte, il faut
    que les taux court montent. La BCE ne le fera pas, pas plus que la FED ou la BOJ, sinon il n’y a pas de solution à l’équation.

  3. Merci pour tes explications. Sinon, si les taux longs grimpent (reels) alors la remuneration des obligations privées notamment va être contrainte de suivre et de ce fait attirer les prêteurs
    étrangers non ?

    J’imaginai qu’un taux reel interessant pour un prêteur etranger (et cela va être la course au cash bientot) avait des consequences sur la demande de la devise concernée.

  4. Prêter à un pays à moyen long terme dans sa devise n’est la meme chose que d’acheter sa devise pour accumuler des réserves de change.

    Exemple avec la Grèce.

    Si la grèce avait abandonné l’euro pour le drachme et qu’elle avait émis des obligations en drachme, les taux longs aurait grimpé très haut mais le drachme se serait cassé la figure. En revanche
    si la banque centrale avait augmenté jour le jour à 20 %. La devise aurait flambé mais son économie aurait été stoppé net !

    Dans les faits le système monétaire est plus compliqué et obéit à de nombreux facteurs.

  5. L’ économiste Daniel Cohen parle : Je crois que Jean Christophe ne va pas être d ‘accord : – )

    Le programme de rachat de dettes publiques par la BCE crée-t-il un risque d’inflation ?

    Mais non ! Pas plus qu’aux États-Unis où la Fed a racheté les actifs toxiques des banques. Stricto sensu, ce n’est pas de la monétisation de la dette publique, car la BCE intervient sur le
    marché secondaire. D’autant que la BCE a annoncé que son rachat de dette serait stérilisé, ce qui signifie qu’elle n’augmentera pas sa masse monétaire. De toute façon, le lien entre monnaie
    centrale et inflation est plus faible qu’on le croit. L’inflation est surtout d’origine salariale. Or, il n’y a aucune menace de ce genre en ce moment. On sort tout juste de la récession. C’est
    plutôt la déflation que l’inflation qui menace !

  6. Si Daniel Cohen parle de cette année, il a raison. En revanche s’il s’exprime sur les  années à venir, il a complétement tord ! De nombreux économistes et parmi les meilleurs ont une vision
    identique à la mienne.

  7. D’ailleurs la vision de Cohen est très conventionnelle : il y a une récession normale dont on est en train de sortir et l’inflation (par la demande je suppose) va se manifester beaucoup plus tard
    avec une forte reprise. Vision simpliste de la crise qui est celle véhiculé par les médias et qui ignore la possibilité d’une stagflation.

    D’ailleurs la grèce est passé très près d’une inflation incontrolable si elle était sortie de l’euro certainement pas d’une déflation.

  8. Philippe,

    Tu peux commencer par des spéculateurs qui ont fait leur preuve, Soros, Paulson etc … et de nombreux économistes moins connus du grand public. Tu peux rajouter tout ceux qui achètent de l’or à
    tour de bras.

  9. Nouveau record pour l ‘or aujourd ‘hui :1234 $

    Paulson et Soros n ‘ont pas investi en physique mais en GLD ….

    Moi j ‘ai pris du GBS fin mars : +16 .5 % depuis  :correct :-) 

  10. Philippe,

    Je viens d’en dire un mot en file trading. Ca ne sent pas la déflation …

    En revanche, j’avais lu que Paulson en 2009 avait demandé comme de nombreux investisseurs du moyen orient, la contre partie physique de son engagement papier craignant que cette contrepartie
    soient insuffisante à terme. As tu des infos ?

  11. La vision de Cohen est peut-être conventionnelle (Artus de Natixis a la même), mais le PIB de la France a stagné au premier trimestre 2010, la consommation est en berne et pas de trace
    d’inflation pour le moment. JCB si tu dis « dans les prochaines années on aura de l’inflation » (les BC ne pourront pas piloter les taux pour contenir la demande ou simplement laisseront faire
    parce que ça les arrange), tu dis comme la majorité non ? Les économistes « conventionnels » ne voient pas d’inflation avant le plein emploi (puisque ce sont les hausses de salaire qui accompagnent
    l’inflation). Avec 10% de chomage et des taux d’endettement des ménages de 75%, je ne vois pas comment les salaires et la demande peuvent repartir actuellement. Je ne maitrise pas du tout
    l’équation taux/demande/emploi/inflation, mais je me méfie des analogies et croyances. J’aimerais lire des trucs sérieux et quantifiés sur le sujet.

    Cdlt

    P

  12. Bonjour Pariste,

    J’ai prévu une stagflation a échéance de 4 ans en 2009 chez tropical. Je dis aujourd’hui  qu’elle arrivera probablement dans deux ans. Ca peut etre dans un an si le euro explose en vol s’il
    y a fuite devant la monnaie ou dans trois ans si la gestion des BC est bonne.

    Je ne dis pas comme tout le monde par ce que l’inflation ne sera pas liée a une reprise chez nous mais à l’inflation par les couts importée de chez les émergents et elle se fera sans reprise de
    l’emploi. C’est la définition de la stagflation.

    Enfin je dis que lorsque les taux monteront ceux qui  n’ont pas d’immo a credit taux fixe en cours rateront une occasion d’investissement interessante et auront une mauvaise diversification
    deleur avoir.

    Ce que je dis enfin depuis 2008, c’est qu’il n’y aura pas de déflation à la japonaise. Je note que tropical vient de se ranger à mon avis …

  13. A pariste,

    Mon post précédent n’était pas très clair. Je voudrais tout meme rajouter pour Cohen et tous les économistes que tu appelles conventionnels (entre nous, entre Krugman et Roubini il y a un monde
    et il sont tous les deux conventionnels) que contrairement à l’inflation, la stagflation ne nait pas de la croissance mais de la planche à billets et de l’augmentation des prix des produits
    importés (Cf années 70). La période actuelle réunit exactement ces deux éléments. La stagflation s’accompagne toujours d’un chomage important.
    Donc ca n’est pas la peine d’attendre une reprise de l’emploi. Alors quand Cohen pense aujourd’hui que l’inflation ne peut naitre que de la surchauffe économique et d’un manque de ressources
    humaine disponible, il me fait doucement rigoler. Avait t-il au moins prévu le crédit crunch ? Je l’écoute de temps sur les medias et a part faire du prosélitisme politique dans le sens de ces
    convictions, je n’ai jamais entendu de lui que des choses très conventionnelles. Paulson qui au contraire s’est enrichi en shortant les CDS et les subprimes est actuellement blindé d’or et il a
    ses raisons. Probablement la meme analyse que la mienne.

  14. l’analogie avec la periode des annees 1970, n’est pas bonne car a l’epoque il n’avait pas en place ce qu’ils appelaient « inflation target », cible un niveau d’inflation… de plus a l’epoque les
    banques centrales etaient largement influence par les politiques (a part l’allemagne a cette epoque).

     

    Aujourd’hui c’est different , la BCE a clairement un objectif de 2% pour l’inflation – recemment certains economistes prechent pour un taux plus eleve 3-4% (mais pas plus) – cela a ete rejeter
    par la ECB et a qualifier cela de « Dangereux ».

     

    Je crois que le danger aujourd’hui est deflationniste…d’ailleurs les taux mondiaux sont au plus bas depuis 2 ans et l’inflation ne decolle toujours pas … la force monetaire qui a ete deployer
    permet pour le moment de stabiliser la situation – comme un element chimique instable (TNT), le moindre choc et c’est l’eplosion deflationniste – vendredi dernier on etait pas tres loin de cela,
    du coup la ECB n’avait pas d’autre choix que de sortir l’artilleurie lourde.

     

    Maintenant, plus le temps passe et plus la situation semble se deteriore et plus le mondre choc a des consequences grandissantes… le prochain choc de taille serait la chine, qui n’arrive plus a
    controler les credits, un peu a la maniere du Japon a la fin des annees 80.

     

    Un point important, JCB, qui me semble que tu oublies, c’est que probablement 335 millions de citoyen n’ont absolument aucun moyen de se proteger contre un stagflation si elle devait arriver – ne
    parlons meme pas des retraites qui auront cotiser pour pas grand choses toute leurs vie…

  15. A un passant,

    Je respecte ton avis toujours argumenté mais tout d’abord il ne s’agit de stagflation maintenant mais 2 à 3 ans puisqu’a l’évidence seuls les émergents et l’angleterre font de l’inflation Je
    m’en tiens à mon calendrier énoncé l’an dernier.

    Comme je l’ai déjà dit, mes conseils d’investissements anticipent les évolutions économiques à plusieurs années. Pourquoi ? Car il ne sert à rien d’avoir raison en meme temps que tout le monde.
    C’est le meilleur moyen de faire un mauvais investissement ensuite. Un exemple : investir dans l’or aujourd’hui au lieu de l’avoir fait il y a 4 ans …

    Ensuite la BCE parle avec la langue de bois car les actes ne suivent pas les paroles. Elle monétise à tout va et ne fera pas monter ses taux courts suffisamment si les MP explosent.

    Enfin j’ai fait plusieurs papiers là dessus : une stagflation réduit la dette de façon beaucoup moins douloureuses qu’une déflation. Ce n’est que mon avis … Appauvir les rentier obligataire
    déjà plein d’argent et favoriser le desendettement ou l’acquisition immobilière à bon compte des jeunes ménages ne me parait si mauvais que ca. C’est d’ailleurs une facon de réintégrer le
    tunnel de friggit en faisant chuter le cout global des opérations immo par le différentiel de taux (cf encore les années 70)

    De toute façon l’occident n’aura pas le choix quand les MP et les salaires des émergents auront grimpé suffisamment, nous prendrons la stagflation en pleine poire sans ne rien pouvoir faire car
    une hausse des taux court par la BCE serait suicidaire pour la croissance et l’économie déjà affaiblies par les mesures de rigueur budgétaire.

  16. ok JCB, dans ce cas tu prends comme hypothese que l’un des pilliers de la ECB (price stability – stabilite des prix) s’ecroule et que la banque centrale europeene met de cote ces principes de
    base durant les prochaines annees.

    Une question, pourquoi l’allemagne est plus productive et competitive que la France?il faudrait peut etre voir ce qui c’est passe durant les annees 70 – l’attitude de la dundesbank et de la
    banque de France. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que la ECB a pris comme modele la Bundesbank et est de plus situe a Fronckfort, en Allemagne

     

    D’accord avec l’importation de l’inflation, je crois que c’est une hypothese plausible du fait que les banques centrales des pays emergents ne sont pas credible i.e. l’inflation va flamber.

    Maintenant, imaginons que tous les prix des produits importes augmentent (faiblesse de l’euro par rapport au monnaie emergents, inflation des prix des emergents).

    la consequence de cet evenement, c’est que soudainement mon pouvoir d’achat diminue. Deux alternatives apparaissent,

    1- je consomme moins: j’achete ce qui est necessaire (food), je fais jouer la concurrence sur les prix: j’achete ce qui est bon marche

    2- je veux maintenir mon rythme de consommation: mon salaire doit augmenter

    Dans le cas 1: cela aura un impact majeurs sur les emergents, il perdront un des aspect qui les rendent competitives – les prix. Il seront rapidement en surcapacite, ce qui risque de les mettre
    dans une situation economque non desirable. Ce qui sera pour l’ecologie apres tout…

    Dans le cas 2:c’est la catastrophe d’apres moi – c’est la spirale des annees 70. Les salaires augmentent – les emergents augmentent les prix – les salaires se reajuste, de meme pour les emergents
    : un inflation a deux digits… c’est une catastrophe ecologiques – les retraites ne peuvent plus survivre (a moins qu’ils vivent dans une maison en pain de mie – leur pension ne vaut plus rien a
    moins qu’elle soit indexer a l’inflation, dans ce cas c’est l’etat qui qui ne survient pas – papy boomers…)

     

  17. Un passant,

    ok JCB, dans ce cas tu prends comme hypothese que l’un des pilliers de la ECB (price stability – stabilite des prix) s’ecroule et que la banque centrale europeene met de cote ces principes de
    base durant les prochaines annees.

    A mon avis c’est le cas. La BCE vient de se donner le droit officiellement de monétiser les dettes souveraines toxiques en précisant qu’elle n’userait du procédé que « si nécessaire ». Necessité
    fait loi, on le sait.

    Une question, pourquoi l’allemagne est plus productive et competitive que la France?il faudrait peut etre voir ce qui c’est passe durant les annees 70 – l’attitude de la dundesbank et de la
    banque de France. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que la ECB a pris comme modele la Bundesbank et est de plus situe a Fronckfort, en Allemagne

    La politique allemande est irréprochable et le dogme de la BCE a toujours la meilleure façon de de stabiliser la monnaie pour faire prosperer les pays. Cependant quand la plus grande partie de
    l’Europe est désindustrialisée, que le système social pléthorique réduit la croissance d’un ou deux points et que les dettes débordent de tout le système économique en passant du privé au public,
    l’équation n’est plus soluble dans l’orthodoxie financière. On le voit bien, cette politique dans l’état actuel des choses exige une politique de rigueur insupportable. Elle conduirait à une
    dépression et surtout, ce qui est plus grave à un désendettement impossible : frein brutal de l’économie, baisse ou stabilité des prix, baisse des biens, baisse des revenus et stabilité des
    mensualités en euro courants. Les créanciers s’enrichiraient en appauvrissant le reste de la population. C’est n’est pas pour moi une bonne politique de sortie de crise. Un objectif d’inflation
    optimal de 4 à 6 % doit etre fixé par la BCE. Et il sera facile à obtenir à l’horizon de 2 ans. Les émergents sont en plein boom et n’ont plus vraiment besoin de nous. Ils sont devenus
    importateurs net en trade balance ! J’en ai la preuve sur le terrain tous les jours.

    la consequence de cet evenement, c’est que soudainement mon pouvoir d’achat diminue. Deux alternatives apparaissent

    On peut analyser dans tous les sens les effets de la stagflation. L’exemple des périodes d’inflations cognées ne dépassant pas 2 chiffres (après les guerres et dans les années 70) n’ont jamais
    été des périodes tragiques de l’histoire contrairement à la dépression des années 30. Une inflation de 4 à 6 points officiel me parait tout a fait appropriée à la sortie de crise actuelle. On me
    répond souvent qu’il est difficile de controler le taux d’inflation. Pourtant les tenants de l’orthodoxie monétaire prétendent que les banques centrales ont aujourd’hui les moyen de piloter
    finement la politique monétaire avec les taux courts et les injections ou retraits de liquidité dans le système financier …

  18. Bonjour Jean Christophe

    Effectivement ce sont nos chers spéculateurs qui m ‘ont poussé à passer à l ‘achat sur l ‘or enfin Mars. Là j ‘ai le nez fin avec une hausse  quasiment sur le GBS de 20 % :-)

    Il me semblait avoir lu que nos 2 compères avait pris des ETF car ils craignaient le pb des faux lingots d ‘or au tungsténe ….

    J ‘hésitais avec l ‘or Physique mais je me suis décidé de prendre du GBS  au vu des couts sur le physique et la complexité et lenteur sur les achats  ….

    Pas au courant pour les 2 spéculateurs , d ‘une demande d’ avoir du physique …

  19. Oui tu as raison JCB, je comprends le scenario d’inflation importée, mais ce n’était pas cette inflation dont je voulais parler, en fait ce n’est pas celle qui m’intéresse. Je pensais inflation
    des salaires et des taux, celle qui s’est auto-entretenu dans les années 70. J’imagine le scénario : les prix des MP augmentent, les gens protestent, on leur augmente artificiellement leur
    salaire pour leur faire plaisir mais leur pouvoir d’achat baisse. J’espère que les gens comprennent que ce n’est pas une solution…
    Je pense à cette inflation car j’ai en tête l’achat à crédit d’une RP et je surveille la dévaluation de la monnair qui ferait perdre de la valeur à mes placements (essentiellement livret et CAT
    3%). Ton conseil d’acheter maintant la pierre me fait douter de ma position.

    Quel rapport entre inflation importée et hausse des taux du crédit ? Je ne vois donc pas le lien entre inflation importée, inflation des taux et dévaluation de la monnaie. Peux-tu m’expliquer JCB
    ?

    Si les MP coûtent plus cher, et elles couteront certainement beaucoup plus cher dans quelques années (sauf catastrophe), les salaires (même en euro courant) n’ont pas de raison d’augmenter pour
    autant. Le seul effet direct et indéniable de l’inflation importée sera la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Les gens devront apprendre à se priver et à baisser leur niveau de vie (ça va
    secouer).  N’est-ce pas déjà ce qui se passe ?

    Je comprends que l’inflation importée créera une inflation au sens de l’IPC, et donc du prix des maisons notamment. Il faut bien de la MP pour construire (d’ailleurs sait-on mesurer l’impact
    d’une hausse du cout des MP sur le cout des maisons ? Qu’en penses-tu SR71 ?). Mais je ne vois pas en quoi cette inflation induirait une hausse des salaires ou une hausse des taux. La politique
    monétaire ne changera rien au pouvoir d’achat. Une hausse des taux changera l’effet du crédit (encore faut-il que les banques créancières acceptent qu’on laisse partir cette inflation…). Il me
    semble que c’est seulement l’augmentation de l’inflation qui est avantageuse à l’endetté, pas l’inflation elle-même (sauf erreur seul de le différentiel entre taux d’intérêt et taux d’inflation
    est intéressant, s’il reste constant cela ne change rien à la valeur du crédit). Donc je serais sensible au conseil qui dirait d’acheter maintenant de l’immo parce que la hausse des MP induira
    une hausse du cout de la construction (je pense fort à cet argument), mais je reste dans le doute ou ne comprends toujours pas ton argument d’acheter maintenant pour anticiper une hausse des
    taux.

    Par contre je surveille le revirement de la BCE qui semble prête à prendre le risque inflationiste pour se débarrasser de sa dette extérieure. Pour le moment j’ai l’impression qu’elle ne peut pas
    trop jouer à ça car elle a encore besoin des marchés pour s’endetter et qu’une bonne partie de la dette des états européens est détenue par d’autres état européen. Mais si la politique de rigueur
    se met en place et que les déficits sont contenus, il me parait fort possible qu’alors l’UE transforme la dette en inflation. On pourra effectivement avoir de une vraie stagflation au sens
    monétaire.

    Cdlt

    P

  20. Pariste,

    je comprends le scenario d’inflation importée, mais ce n’était pas cette inflation dont je voulais parler, en fait ce n’est pas celle qui m’intéresse. Je pensais inflation des salaires et des
    taux, celle qui s’est auto-entretenu dans les années 70.

    Ta première phrase n’est pas bonne car la stagflation 70 était une inflation importée dans un environnement de laxisme monétaire. Elle correspond
    au choc pétrolier de 73. Et en l’occurence l’inflation à venir aura d’autres moteurs comme la hausse des salaires chez les émergents et la revalorisation de leur devises. Pour bien comprendre,
    pars du principe que si tu es employeur et que les IPC montent, tu indexes les revenus que tu verses a tes salariés sur les IPC non pas pour les augmenter mais pour qu’ils puissent conserver un
    semblant de pouvoir d’achat (les revenus dans ce cas restent stables en monnaie constante et cette augmentation purement nominale n’est pas influencée
    par l’offre et la demande du marché du travail). J’anticipe de l’inflation à quelques années depuis 2004, date ou les émergents ont commencé à monter en puissance et date à laquelle j’ai
    commencé à acheter de l’or. L’or précurseur avancé de l’inflation ne m’a pas décu. Je suis persuadé qu’il n’y a pas assez de ressources naturelles pour tout le monde et que la pénurie va survenir
    rapidement par inadaptation des capacités de production. Ca veut dire qu’en cas de choc pétrolier par exemple, les IPC pourraient prendre 10 % en un an si on a un squeezze sur les capacités à
    produire et satisfaire la demande. Que vont devenir les salaires, les loyers indexés sur les IPC etc …. ? C’est la seule question à se poser, le reste c’est de la littérature et la crise du
    crédit n’a fait que retarder le phénomène. Elle l’a meme aggravé car la socialisation des pertes sur crédits insovables a abouti à une insolvabilité des états obligés d’activer la planche a
    billets ! Or quand tu anticipes de l’inflation (je prétends que c’est une anticipation inconsciente), et que les taux sont encore bas que fais tu ? Tu achètes de l’immobilier à crédit et c’est ce
    que font les gens à juste titre depuis 2003. Ils ont juste subi un retard au démarrage. D’un autre coté les derniers servis ont acheté plus cher mais ils amortissent depuis moins longtemps.
    Personnellement, j’avais beaucoup d’immobilier à cette période là. Je l’ai déjà dit, j’ai vendu en 2006 de l’immobilier amorti. Pourquoi ? Car je n’avais plus sur ces biens le levier du crédit et
    les prix montaient au dela de l’inflation réelle et la puissance des émergents n’était pas assez forte pour soutenir les prix du petrole qui grimpaient surtout du fait de la spéculation. Tant que
    les IPC officiels ne reproduiront pas l’inflation réelle et tant que les prix de l’énergie et des MP n’auront pas repris leur hausse, le ROI des investissements immobiliers engagés depuis 2003 ne
    sera pas bon mais je fais le pari que ca ne durera pas et que sur un crédit à 15 ou 20 ans, les débiteurs vont payer leurs mensualités avec des queues de cerise. En revanche, l’échéance de la
    crise inflationniste se rapprochant et en tenant compte de la perspective défavorable de la hausse des taux longs, c’est une faute aujourd’hui de ne pas profiter de la fenetre de tir de prix
    diminués et de taux longs au plancher.

    Ma vision économique, si elle admet la crise temporaire du crédit, est donc à l’opposé de celle de tropical sur la suite des événements. On sortira de la crise de la dette par la montée des IPC
    et des salaires en monnaie courante.

  21. « Ta première phrase n’est pas bonne car la stagflation 70 était une inflation importée dans un environnement de laxisme monétaire. »

    Eh bien non, je ne suis pas d’accord avec cette phrase. Selon moi,

    la stagflation 70 était un effet du laxisme monétaire, dans un environnement d’inflation importée.

    Je découple sans aucun problème les deux mécanismes. Relis mes messages, je fais pourtant exactement les mêmes constats que toi ! Mais pas la même analyse.

    Si tu me dis : les états seront faibles et devront lâcher l’inflation, d’autant que cela remboursera leur dette, je dis pourquoi pas (j’ai écrit que j’étais d’accord avec tes arguments – mais pas
    forcément avec les conclusions. j’ai l’impression de parler chinois, c’est vrai que je suis sans doute maladroit dans mes formulations, je suis béotien en la matière…).

    Les politiciens sont faibles par nature mais je faisais confiance jusqu’à maintenant à la BCE et l’Allemagne. J’avoue que j’ai déchanté et suis assez déboussolé par le revirement du we dernier,
    qui montre que les états sont dans une impasse. Probablement parce qu’ils ont laissé se développer le crédit au lieu de préparer les peuples à une baisse du pouvoir d’achat. Ce n’est pas
    seulement Loïc qui fait ce genre de constat, mais aussi Artus par exemple (pourtant pas un ultra-libéral énervé)

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=49177

    Par ailleurs, on ne dirait pas que les politiques et les industriels aient pris le chemin de l’inflation des salaires. Les économistes « conventionnels » partent je suppose du principe de bon sens
    que tant qu’il y a du chomage, il y a de la main d’oeuvre, et tant qu’il y a de la main d’oeuvre, les salaires n’augmenteront pas. Les entreprises n’ont pas les mêmes impératifs que les
    politiques, il me semble que leur position est claire (stabilité des salaires depuis 2 ans ? reprise molle ?). Quant aux politiques, baisse de 5 à 20% des salaires des fonctionnaires un peu
    partout en Europe, je n’appelle pas ça inflation des salaires. Quoiqu’il en soit, je ne vois pas cette inflation comme un effet de l’inflation importée, mais comme un choix politique.

     

      

  22. Pariste, je t’ai répondu sur l’autre file.

    Il y a beaucoup de confusion. Tu parles du présent quand on parle d’anticipation. Tu compares les propos d’Arthus et ceux d’Abadie … Je ne suis pas toujours d’accord avec le premier mais je
    suis toujours en désaccord complet avec le second. Tu me ressors encore les vieilles lunes : pas d’inflation sans tension sur l’emploi. Tu connais mon désaccord profond sur ce point et la
    multiplicité des déclencheurs de l’inflation.

    Bref ! Je vais tout de meme répéter une chose et tu n’es pas obligé de me croire. Les conditions du choc pétrolier de 73 vont se reproduire. Elle le feront dans le meme contexte de laxité
    monétaire et elle seront aggravées par l’inflation chez les émergents. Le mécanisme sera identique. Et tu feras certainement partie des gens qui
    acheteront de l’or à un prix excessif et de l’immobilier à des taux supérieur à 10 %. L’anticipation est un art difficile car il faut réussir à admettre que les choses peuvent changer
    radicalement. C’est pas facile. Qui vivra verra.

     

  23. OK, j’avais compris ta position, mais je ne vois toujours pas les arguments mais des convictions. Cela ne veut pas dire que tu n’as pas d’arguments ou que tu as tort, mais c’est sûr que je ne
    comprends pas les raisons de tes convictions. Je continuerai de chercher à comprendre, toute analyse bienvenue (tu n’as personne qui écrit des choses sur le sujet qui te plaisent et que je
    pourrais lire ?)

    Qui vivra verra, c’est sûr.

    Cdlt

    P

  24. Pariste, mes convictions sont personnelles et j’en ai parlé sur tropical bien avant que tu y arrives. Le mots stagflation quand j’ai commencé à l’employer en 2008 n’était absolument pas prononcé
    dans les médias. On était en pleine crise du crédit avec poussée déflationniste. Avant 2008, les médias et Arthus ;-) parlaient d’inflation, convaincu qu’ils étaient que la croissance ne se
    terminerait jamais en occident.

    Enfin, j’ai à mon avis développé dans ce blog depuis sa création tous les arguments nécessaires à la compréhension de mes prévisions stagfaltionnistes. Je ne vois pas ce que je pourrais te dire
    de plus. Ca me parait limpide.

  25. Comme l’a dit Jacques Généreux l’esprit de Munich régnait sur Bruxelles, la nuit du 9 et 10 mai 2010, les responsables politiques européens avaient le choix entre le déshonneur et la guerre !
    Ils ont choisit le déshonneur et ils auront la guerre !

    Alors qu’il pouvait déclarer la guerre au intérêt financier, à la finance folle, à la spéculation! Ils ont choisi l’austérité pour rembourser un dette injuste !

    Vous voulez connaitre le rôle des établissements bancaires et financier dans la crise financière alors rejoins moi mon groupe http://www.facebook.com/group.php?gid=104166076293247&ref=ts

    Non à la soumission au chantage des intérêts financiers

    David CABAS
    http://www.davidcabas.fr

  26. je relis les échanges JCB/Pariste… vraiment intéressants.

    l’allemagne me semble de plus en plus subir le poids des autres pays européens. Force est de constater qu’elle n’a pas le choix, car si elle affiche un excédent commercial qui devrait lui
    permettre de résister, elle le doit aux autres pays européens. Si ceux-ci s’alignent sur le mode de consommation allemand, elle sera la première à en pâtir. Je suis assez d’accord avec JCB, la
    BCE a des règles qui s’adapteront avec le contexte.C’est peut être pas juste pour les allemands mais c’est comme ça.

    J’ai vu dernièrement un graphe qui m’a pemis de répondre à une de mes interrogations. La plus grande partie de la dette publique des pays européens est détenue par d’autres pays européens. Dans
    la même monnaie, la dévolarisation de la monnaie est neutre pour ces pays. Par contre, les importations seront plus chers, d’où une inflation forcément importée. De ce côté, il n’y a qu’une issue
    possible : l’inflation. A moins que tous les pays hors europe soient en déflation…

    Pour moi, l’une des raisons qui conduit à un comportement actuel différent entre US, UK et Europe est que la distribution de la dette n’est pas lamême. On est peut-être en période transitoire
    d’homogénéisation des situations. En Europe, la dette est surtout et de plus en plus publique avec un exemple caractéristique en France (fort taux d’épargne et état endetté), cela conduit à
    l’inflation. Aux US, la dette est surtout privée, ce qui devrait conduire à la déflation mais elle est de plus en plus transférée vers le public donc cela conduira à l’inflation. En attendant, il
    y a une forme de déflation (en particulier sur le logement) qui est contenue par la Fed.

    En Europe, tout dépend de l’équilibre des forces générées par les différents pays, cela passera peut être par une déflation transitoire avant d’attaquer une inflation ou cela restera entre deux
    eaux à coup d’actions de correction de la BCE.

    L’argument de Loic Abadie d’estimer que les exportateurs ne fourniront pas àla France en étant payé avec une monnaie de singe. J’ai beaucoup de mal à l’évaluer. D’abord, il ne faut pas parler de
    la France (qui n’est pas grand chose à l’échelle globale) mais de l’Europe. Là-dessus, même avec une monnaie dévalorisée (et on ne parle pas de 40% d’inflation par an  et l’europe n’est pas
    l’argentine), le poids économique de l’europe est suffisant et ne peut être juste ignoré. Donc les exportateurs continueront à fournir l’europe…. enfin il me semble.

    La rentabilité d’un placement en immobilier à crédit est très dépendant de la fiscalité. Là-dessus, j’ai quand même un fort doute. Le fort taux d’épargne devrait conduire tot ou tard à une
    augmentation de la fiscalité. Cela peut être suffisant pour plomber tout investissement… à vérifier.

  27. Jim Rogers The Euro has become a Political Currency
     
    In a recent interview with The Hera Research Newsletter (HRN) explained that the US dollar is deeply flawed because the US is the biggest debtor nation in the history of the world and, although
    an alternative currency is needed, the Euro will not survive in the long run because it has become political and IMF SDRs will probably not last as a reserve currency in the face of significant
    global economic crises.

    Jim Rogers: « I certainly expect the Euro to be around in 2012 or 2013, but whether it’ll be around in 2023, I don’t know. It’s becoming more and more a political currency. It wasn’t always. In
    the beginning, it wasn’t a political currency. It was designed to be a rock solid currency, but, since then, it’s become a political currency and most political agreements or political
    institutions don’t last. No currency union has ever lasted. It’s been tried before. I wish the Euro would survive. The world needs something to compete with the dollar. The Euro, on paper, makes
    enormous sense, but, unfortunately, the people who wrote that contract back in 1992 are all gone now and the new guys all want to buy votes. So, I would like to see the Euro survive, but, in
    reality, I don’t see how it can. »

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