Bilan 2009 et perspectives

Par Jean Christophe Bataille

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Bilan 2009

Dans la crise du crédit, les états occidentaux ont utilisé trois méthodes pour empêcher leur économie de sombrer :

– La socialisation des pertes bancaires.
– Le soutien à l’économie par les dépenses budgétaires
– Le maintien de taux d’intérêt long terme artificiellement bas par la monétisation de l’encours de la dette publique 2009 :
          ~ L’achat direct d’obligations par les banques centrales.
          ~ L’achat d’obligations d’état par les primaries dealers à des taux très bas.
          ~ L’achat forcé d’obligations par les émergents qui pour ne pas voir leurs réserves de change se dévaloriser ont été contraints à accumuler des titres de créances en dollars.

Il est incontestable que l’ensemble des soutiens et des stimuli mis en oeuvre cette année a eu un effet largement positif sur les PIB de tous les pays, qui, sans cet engagement, auraient plongé dans une dépression profondément déflationniste.

L’enseignement de la crise de 29 et de celle du Japon a montré que l’absence d’intervention rapide crée une spirale déflationniste rendant impossible le désendettement des acteurs privés. N’en déplaise aux déflationnistes purs et durs, le mécanisme ininterrompu de la baisse des revenus et des prix alors que les mensualités de remboursement des débiteurs restent stables rend totalement inopérante toute sortie d’une crise de la dette par une spirale déflationniste.

L’effet positif immédiat des mesures prises a été le maintien en vie du système de crédit, la stabilisation des prix de l’immobilier et un lissage de la crise. Les effets négatifs ne sont pas négligeables. Les déficits budgétaires se sont largement amplifiés et les plans de relance à la consommation n’ont fait que reporter le déficit de croissance. La masse monétaire a considérablement augmenté et il se crée déjà des bulles sur les actifs : matières premières, actions des pays émergents. C’est le premier symptôme de l’inflation monétaire.

Perspectives 2010

Les deux questions que nous devons nous poser pour 2010 sont principalement :

– Comment vont réagir les états lorsque les effets des différents plans de soutien vont commencer à s’épuiser au deuxième trimestre 2010 ?
– Les émergents qui ont déjà une politique économique tournée vers leur marché intérieur, Chine, Inde, Brésil sont-ils en phase de découplage ?

Comment vont réagir les états lorsque les effets des différents plans de soutien vont commencer à s’épuiser au deuxième trimestre 2010 ?

Les pays de l’OCDE vont être confrontés à l’importance de leurs déficits publics, dans un contexte de croissance anémique, de concurrence fiscale qui limite les hausses d’impôt en particulier au niveau des entreprises, d’un désendettement du secteur privé qui n’autorisera pas d’augmentation significative de la pression fiscale, d’une pyramide des âges défavorable générant une augmentation des dépenses sociales et un baisse de la masse des prélèvements.

La conclusion est qu’ils seront dans l’impossibilité de mettre en place un plan de réduction de leurs déficits sous peine de faire replonger l’occident dans une profonde dépression.

Fort de ce constat, il est très probable que pour éviter une hausse des taux longs qui affecterait brutalement l’activité économique, les pays occidentaux vont continuer à monétiser leurs dettes, avec toutes les conséquences que cela aura sur les monnaies : chute du dollar et de l’euro, poursuite du carry trade et de l’inflation monétaire sur le dollar.

Les émergents principaux que sont la Chine, l’Inde et le Brésil sont-ils en phase de découplage ?

C’est une question essentielle car elle conditionne la rechute temporaire des marchés actions émergents et matières premières en 2010 qui sont les seuls actifs que nous souhaitons acquérir pour le long terme chez Futures.

1. Si la réponse est oui, nous avons très peu de chance de voir les marchés retrouver leurs plus bas de 2009 en monnaie courante, car la croissance des émergents pourra tirer l’économie des pays occidentaux et permettra un comblement des déficits et de la dette par la croissance en améliorant le ratio déficit/PIB. Les banques centrales seront amenées à augmenter légèrement les taux courts au deuxième trimestre 2010, ce qui occasionnera une correction limitée des indices actions et du prix des matières premières. Dans cette éventualité, le CAC 40 aura du mal à descendre sous 3400 points.

2. Si la réponse est mitigée, la croissance des émergents sera insuffisante pour tirer les économies occidentales. L’explosion de bulles spéculatives en formation sur les marchés émergents et sur les matières premières sera possible dès 2010 du fait d’une dépendance des économies émergentes à la situation occidentale et d’un retour probable de l’aversion au risque au plan mondial. La remontée récente des prix des matières premières, le service de la dette et des déficits publics, la hausse du chômage, l’absence de hausse des salaires, la poursuite du désendettement du secteur privé provoquera au deuxième trimestre 2010 un recul de la consommation en occident qui, s’il conduit à une remontée de l’aversion au risque, déclenchera  une baisse des actions en général et des matières premières en donnant aux investisseurs des opportunités d’achats qui se situeraient sur un niveau de CAC entre 3000 et 3400. En revanche, ce retour de l’aversion au risque restera favorable à l’or qui peut être renforcé au début de l’année 2010 car sa valorisation est actuellement contenue par la baisse de la paire EUR/USD. Le niveau d’investissement pourrait se situer entre 970 et 1050 $ l’once.

3. Si la réponse est non, les plus bas de 2009 pourront à nouveau être atteints et il sera encore possible d’acheter à très bon compte émergents et matières premières sur des niveaux de marché correspondant à un CAC entre 2400 et 3000.

Dans l’attente de nouveaux chiffres, il semble que le découplage ne soit pas effectif même s’il est globalement en route. L’évolution N°1, pourtant actuellement privilégiée par les marchés, a peu de chance de se produire. Les scénarii N°2 et N°3 paraissent être aujourd’hui les plus probables.

Pour saisir les opportunités d’achat des actions pays émergents et matières premières au niveau de valorisation le plus intéressant, il faudra donc mettre en place une méthode d’accumulation efficace prenant en compte l’évolution des chiffres économiques émanant des émergents. Celle-ci fera l’objet d’un article sur Futures.

Perspectives à plus long terme

Intéressons-nous aux deux derniers cas dans lesquels les émergents ne découplent pas leur économie de façon suffisamment rapide pour permettre aux pays occidentaux de combler leur déficit budgétaire par la croissance.

La croissance restera, dans ce cas, très faible et les prix à la consommation américains relativement stables pendant deux ou trois ans car le yuan sera encore arrimé au dollar et l’occident bénéficiera encore de produits très bon marché qui entretiendront une économie de type Wal-Mart. Mais à l’horizon des cinq années à venir, si le yuan rejoint le système de change flottant, sa valorisation entrainera une hausse des produits importés de Chine vers les USA qui devrait faire grimper les indices des prix américains. Cette valorisation du yuan s’associera mécaniquement et politiquement à une baisse des réserves de change de la Chine en dollars qui fera pression sur les taux longs américains obligeant les USA à reprendre le processus de monétisation sur un mode exclusivement domestique. Celui-ci sera impossible à tenir dans la pratique et exposera les USA à une crise budgétaire majeure qui sera à l’origine d’une fuite devant la monnaie. En Europe, outre la contagion sur les taux, nous subirons une forte hausse de la paire EUR/USD qui pénalisera encore plus nos exportations vers les USA. La réévaluation du yuan pourtant fondamentale pour limiter un tant soit peu les transferts de production et les pertes de compétences industrielles sera dans tous les cas trop tardive. L’impasse sur le plan industriel est donc totale.

L’occident tentera au final d’engager une démarche protectionniste pour ne pas perdre le peu de tissus industriel qui lui reste. Cette évolution, qui est probable, et dans les faits déjà en marche devant l’actuelle position des dirigeants chinois à maintenir leur monnaie à un niveau très bas, sera encore beaucoup plus inflationniste que la simple appréciation du yuan car les sous-capacités de production et les pertes de compétence occidentales dans certains métiers devenues patentes feront grimper fortement les prix à consommation puisque les américains et l’occident en général seront bien incapables de  substituer aux produits taxés ou mis en quota une production localisée dans l’OCDE à prix équivalent.

Cette tentative protectionniste sera de toute façon vouée à l’échec. Tout d’abord parce qu’elle entrainera des mesures de rétorsion de la part des émergents. Ensuite parce que les grandes entreprises n’ont plus de véritable identité nationale et leur appartenance à un pays se résume de plus en plus à une adresse fiscale. Elles risquent, pour un certain nombre d’entre elles, d’être rachetées avec toutes leurs compétences par des capitaux en provenance des émergents, réduisant encore un peu plus de notre capacité à produire.

L’augmentation du prix des matières premières en monnaies occidentales dûe à la progression du développemement des émergents et l’augmentation de l’inflation monétaire liée à la monétisation viendront se cumuler aux effets de change, à la fuite devant la monnaie et aux conséquences du protectionnisme. Nous évoluerons, quoi qu’il arrive, vers une paupérisation progressive des occidentaux dans un contexte stagflationniste. Cette issue de la crise permettra un désendettement de l’occident plus rapide que celle d’une évolution déflationniste mais se fera au prix d’un sacrifice des monnaies de l’OCDE.  L’occident aura perdu son leadership et le monde économique et monétaire deviendra totalement multipolaire.

Dans les années qui viennent, après une phase de consolidation, l’or, les matières premières et les actions des émergents  qui constituent le panier d’investissement de Futures devraient s’apprécier de façon importante en euros ou en dollars. Les indices actions occidentaux devraient de leur côté connaitre, après beaucoup de volatilité, une évolution variable en monnaie courante et une baisse en monnaie constante.

22 réflexions au sujet de « Bilan 2009 et perspectives »

  1. bonjour à tous

    bonne et raisonnable présentation

    il me semble que le sujet du découplage des émergeants ne peut être traité en bloc.

    pour la chine, un découplage rapide paraît hautement improbable. le ratio consommation intérieure/pib ne fait que décroître depuis de nombreuses années sans aucun signe d’inversion prochaine de
    cette tendance. ce ratio est inférieur à 0.4 contre plus ou moins 0.7  dans les pays développés. le chemin sera très long pour l’empire du milieu.

    comme chacun sait l’inde a une économie plus équilibrée, moins dépendante des exports donc pour elle le découplage est déjà une réalité.
     
    si l’on prend en compte les tendances démographiques (dans le cadre d’une réflexion long terme), on voit du coté de la chine une démographie qui plafonne puis baisse avec vieillissement de la
    population et tout ce que ça suppose en termes économiques (voir japon)
    l’inde reste sur une forte dynamique qui d’ici une décennie ou deux maxi l’amènera à dépasser la population chinoise

    le brésil lui aussi possède une dynamique démographique positive et une plus forte conso intérieure que la chine. il possède aussi un inestimable atout c’est son potentiel agricole, atout qu’il
    partage avec son voisin argentin.

    mon tiercé:

    l’amérique latine pour sa relative stabilité politique, sa dynamique démographique, son potentiel agricole

    l’inde pour son modèle éco relativement équilibré

    la chine en dernière place, trop dépendante des exports vers l’OCDE, consommation intérieure trop faible et qui ne pourra augmenter que lentement compte tenu des rigidités (régime autoritaire) et
    de l’immensité des réformes à accomplir

    quant à la question du point d’entrée sur les émergeants, il me semble peu raisonnable d’attendre un futur point bas, sauf pour ce qui concerne la chine.

    pour cependant éviter de grosses déconvenues en cas de choc majeur, étaler les investissements sur un an environ……..

  2. @Shuniata

    India est une economie equilibre . C’est pour cela qu’en november dernier la bourse indienne etaient en chute libre …
    merci a l’occident d’avoir stabiliser le systeme financier et baisser les taux etc… un petit merci a la chine aussi …

    « Tightening monetary policy may not help control inflation, the Economic Times reported, citing an interview with India’s Finance Minister
    Pranab Mukherjee »

    Et pour suaver leur economie ils ont aussi baisser les taux et engrenger une serie de mesures qui aujourd’hui se traduise par une inflation galopante…Ils faut surtout penser a la majorite
    d’Indiens qui vivent sous le seuil de pauvrete (a peu pres la moitie de la population et qui n’ont abslument aucun moyen de lutter contre l’inflation)

    « Poverty in India is widespread with the nation estimated to have a third of the world’s poor. According to the a 2005 World Bank estimate, 42% of India’s falls below the international poverty line of $1.25 a day »

  3. Un petit rajout a propos de l’inde qui en dit beaucoup et qui pourrait refleter les pays emergent et dans l’impasse ils se sont mis… c’est peu etre le ying et le yang …quant on a un risque de
    deflation dans un coin du monde, dans l’autre on a des risque d’hyperinflation…

    « The finance minister hasn’t set a timeframe for withdrawing the fiscal-stimulus policy and the government is trying to keep the fiscal deficit within the targeted level, according to the report.

    India’s benchmark wholesale-price inflation more than tripled in November to 4.78 percent from 1.34 percent in October. An index of food articles rose 19.95 percent in the week ended Dec. 5, the
    most since 1998, the commerce ministry said Dec. 17. »

  4. 4,78 % annuel ce n’est pas vraiment de l’hyperinflation …
    Et les mois précédents, c’était bien en-dessous de 1%

    Pour rappel, les US ont eu des taux d’inflation proches de 15% annuels en 1980

    Et on ne criait pas à la république de Weimar ou au Zimbabwe à l’époque.

    Pour bien cadrer les esprits, une inflation de type Zimbabwe ou Weimar, ca se compte en milliers voire millions de % par mois, le
    record mondial etant détenu par la Honrie en 1946 (195% par jour, soit 13 suivi de 15 zéros % par mois)

  5. @Marc M

    Je parlais bien de risque…d’emballement dans le cas de la deflation ou hyperinflation.

    Quand on passe de 1,34% a 4,78%, soit une augmentation de 300% en 1 mois…on pourrais commencer a s’inquieter…

  6. Bravo JC pour cet article très clair et laissant la place à de multiples scénarios. De manière plus générale, merci pour ta démarche et pour l’énergie que tu consacres à cet effort pédagogique.

  7. @ Un Passant

    Et quand l’inflation passe de 0% à 1%, c’est un taux de croissance infini !
    (par définition, il faut un taux de croissance infini pour faire croitre un valeur nulle)
    Donc ?? …. Attention l’hyperinflation ???

    Cette boutade pour rappeler qu’avec de petits nombres, les taux de croissance sont forcément toujours très élevés.

    Les start-ups de télécom l’avaient bien compris dans les années 90: plutôt que de dire qu’elles étaient passées de 10 clients (quasi rien) à 100 clients (ça fait toujours pas beaucoup, mais
    c’est un peu plus que rien), mieux valait dire que le portefeuille de clients avait crû de 1.000% – ça donne un côté exponentiel à la croissance qui fait prendre aux investisseurs des
    vessies pour des lanternes.

    Les consultants connaissent ce truc par coeur: les perspectives de croissance sont toujours exponentielles, et comme par hasard, aujourd’hui on est toujours au point d’inflexion de
    l’exponentielle: achetez maintenant avant qu’il ne soit trop tard !!

    Bref, cette petite anecdote pour te dire qu’il faut plus qu’un taux de croissance élevé pour m’impressionner :-)
     

  8. Salut,

    J’ai une question concernant la thése défendue par ce blog:

    Comment les salaires peuvent ils augmenter avec un chomage élevé, c’est à dire peu d’offre et beaucoup de demande de travail?
    Quels sont les mécanismes qui feraient augmenter les salaires alors qu’il y a peu de travail?

    Merci d’avance pour les réponses.

  9. Christophe,

    J´ai bien compris les raisons pour lesquelles tu penses que le monde est inflationiste, et jý adhere en parti.Ce serait une inflation des matieres premieres et non due a une croissance forte. Les
    prix vont donc monter, mais pourquoi les salaires? Ne peut on pas tout simplement dire que le pouvoir d´achat va baisser? 
    L´argument que tu avances, qu´il va bien falloir acheter la paix sociale en augmentant les salaires, n´arrive pas me convaincre.
    Prenons le cas de l´immobilier, puisque c´est ce qui m´interesse le plus. Dápres toi, les prix vont stagner, mais la valeur des maisons va baisser puisque l´argent se devalue. Ceci est vrai si et
    seulement si les salaires ne se devalorisent pas. Hors qui est capable d´acheter en ce moment. Certainement pas les bas salaires. C´est pourtant eux qui vont sortir dans la rue les
    premiers. Je suis ingenieur et je trouve le marché trop cher. Mais je me vois mal sortir dans la rue avec mes collegues pour demander une augmentation, alors que jái déja un salaire bien
    supérieur a la moyenne des francais . Donc qui va acheter si les prix ne baissent pas?

  10. Merci pour ta reponse, je commence a comprendre tes arguments. Il faut effectivement que j´ai une discussion serieuse avec mes parents :)

    Ce que je voulais dire c´est qu´en monnaie constante l´immobilier devrait baisser ( la bulle se dégonflant si je ne m´abuse) et donc, l´inflation compensant, stagner en monnaie courante. Il
    faudrait tout de même que l´inflation soit importante pour annuler une surevaluation de l´immobilier de près de 40% (cf graffique longue periode de friggit).

    J´ai du mal a croire que l´inflation puisse passer de casi nul à plus de 10% en 1 ou 2 anneés.

    Tu l´auras compris, mon but final est de savoir si rester cash est une bonne strategie dans le cas particulier de l´immobilier pour les 2 ou 3 années à venir.

  11. Merci JCB pour ce bilan et perspectives que je trouve bien résumé. J’imagine d’ailleurs qu’il y a un certain consensus sur ces questions.
    Merci également pour ton blog, je lui souhaite longue et passionnante vie.

    Concernant l’immobilier, je suis également en attente de rachat d’un bien pour RP. Actuellement je pense qu’il vaut toujours mieux rester cash. Les taux sont bas, ce qui explique la tenue des prix
    sur S2. Je table sur une baisse ou stabilité des prix en monnaie constante pendant encore plusieurs années (Cf Friggit). Ce qui signifie qu’il vaut mieux placer son argent sur livret que sur un
    bien. Pour l’immo la décision d’achat ou non est une question très personnelle (goût pour la propriété, pour la pierre, situation professionnelle et familiale stable ou non, capacité à valoriser un
    bien, à chercher une affaire à la vente ou à la location etc). Personnellement je suis en location bon marché (après avoir vendu mon bien en 2007 et attendu pour agrandir). Je pense que je n’ai pas
    intérêt à acheter actuellement, malgré les sirènes des professionnels et journalistes. Il faut faire un fichier excel avec les divers scenarios d’inflation des salaires, des prix immo, des taux
    d’intérêts et placements pour se convaincre que si les prix immo stagnent rapportés au pouvoir d’achat, autant louer. Par contre je surveille de près le retour de l’inflation. Je vois deux
    scénarios dans l’immo : soit la déflation rampante se poursuit et le bon créneau pour acheter sera dans 5 à 10 ans au moins (Cf Japon), soit l’inflation fait un retour significatif et il faudra
    acheter au point d’inflexion des taux en s’endettant un maximum. Dans tous les cas j’attends encore. En étant cynique, on peut penser que même si les prix repartent d’une manière ou d’une autre à
    la hausse, il y aura suffisamment de défaillances pour faire des affaires pendant quelques années (ce n’est surement pas mon style de profiter du malheur des autres, mais à force de m’intéresser à
    l’argent, je vais finir par m’endurcir… )

    Meilleurs voeux à tous
    P

  12. ps : quand je disais placer son argent sur livret, j’entendais sur des placements à taux supérieurs à l’inflation (des prix immo), ce qui était possible ces dernières années (mes placements actuels
    sont à un peu moins de 3% net).

  13. Pour en revenir à l’immobilier, il me paraît plus que probable que les prix vont baisser en monnaie constante dans les prochains années (cf. tunnel de Friggit). La question étant de savoir si cette
    baisse quasi inéluctable sera masquée par un retour de l’inflation. La question est donc celle du bon timing. Une solution, parmi d’autres, étant d’abord d’investir dans l’or, l’énergie et les
    émergents, et ensuite, seulement, à partir du cash généré, investir une partie des avoirs dans l’immobilier.

  14. à propos d’achat de biens immos

    un point dont on peut tenir compte c’est la pression fiscale via les revenus de l’immo et / ou via les taxes foncières.

    il ne fait pour moi aucun doute que ces taxes vont fortement augmenter dans les années qui viennent vu la terrible impasse budgétaire dans laquelle se trouvent les collectivités locales.

    mon point de vue est qu’il vaudra mieux pour quelques années être locataire que propriétaire car vu la stagnation des salaires, les bailleurs ne pourront pas répercuter la totalité de
    l’augmentation de la pression fiscale sur les locataires, alors que le rendement locatif est déjà historiquement faible

    la notion de propriété est toute relative, être propriétaire revient à être locataire de l’état………..

  15. à propos de l’inde

    il ne s’agit pas tant de prétendre que l’inde est un très bon placement que de se rendre compte que c’est l’un des moins mauvais.

    les perspectives LT pour les pays développés sont très médiocres, inutile d’y revenir. les émergeants feront mieux, ou moins mal, j’approuve complètement l’avis de notre hote sur ce sujet

    il se peut même que les marchés des émergeants continuent de progresser à rythme élevé selon le mécanisme suivant:

    l’atonie économique continue dans les pays OCDE, les tendances déflationnistes persistent et DONC les BC continuent à inonder les marchés de liquidités, liquidités qui se déversent en grande partie
    sur les émergeants vu l’absence de perspectives moroses en US, UE et japon (carry trade)

    reste à arbitrer entre l’inde et la chine. au vu de la croissance de la masse monétaire chinoise, l’arbitrage est vite fait……………

  16. Bonjour Shuniata,

    Les chiffres dont nous disposons montrent effectivement que les capitaux fuient l’occident vers les émergents pour s’y investir via le carry trade. Meilleur potentiel de croissance, effet devise
    positif à moyen terme, différentiel de taux, tout est favorable à cette migration. La Chine et l’Inde sont beaucoup moins tournés vers l’export qu’on ne le dit. Je publierai bientot des chiffres
    sur ce sujet.

    Concernant l’investissement en Inde et en Chine, j’avoue jouer les deux. On ne peut shunter ni l’un ni l’autre. D’un coté l’inde ne subit pas la flambée du crédit actuelle mais les autorités
    chinoises très dirigistes veillent au grain et ont déjà pris des mesures de restriction il y a peu. D’autre part, la Chine dont je récupère pas mal de données par mes relations garde un coté
    collectiviste qui pourrait bien être le terreau d’une future évolution sociale :  système de santé, retraite chomage, syndicalisme etc … Cette évolution est nécessaire pour alimenter une
    croissance solide car elle répartit les richesse sur le plus grand nombre et augmente de façon considérable le potentiel de consommateurs, donc le PIB global. Je reste toutefois conscient que nous
    n’en sommes pour l’instant qu’au balbutiement de ce développement. L’inde au contraire est un pays engoncé dans des traditions religieuses et culturelles profondément inégalitaires. C’est un des
    pays les plus libéraux que je connaisse (au sens excessif du terme). Mes contacts la bas regardent leurs compatriotes mourir le long des routes sans aucune compassion alors que eux vivent dans
    l’opulence. Inutile de dire que leur nom finit par Ray ou Sing … ceux qui connnaissent le système des castes comprendront. Pour ce que j’ai pu constater de visu, les enseignants et les
    fonctionnaires y sont corrompus et les injustices criantes.  Ce que je dis n’est ni politique ni moralisateur, ce n’est pas mon propos ni mon style. Mais il me semble que cet environnement
    limitera le nombre de personnes capables d’accèder à la croissance en Inde.

  17. Bonjour Pariste et merci pour tes encouragements,

    Il y aura sur Futures un article sur le thème important de l’investissement immobilier et de son timing dans le mois qui vient. Nous pourrons donc développer ensemble ce sujet qui est complexe si
    l’on tient compte par exemple de l’argument de Shinuata sur l’augmentation de la fiscalité immobilière à venir. Je suis sensible à ce sujet car nous avons vu l’abattement sur la taxation des
    revenus fonciers évoluer de 14 % à 0% en 20 ans. Je ne sais pas ce que les technocrates de Bercy vont encore nous sortir pour amputer un peu plus ces revenus mais je m’attends au pire quels que
    soient les gouvernements. Or je peux garantir par expérience qu’un gros patrimoine se construit avant tout avec l’immoblier à gros rendement financé à crédit et l’entreprise personnelle. La
    fiscalité joue dans cette équation patrimoniale un role majeur.

    Je fais par ailleurs une distinction très nette entre les acheteurs au comptant qui peuvent attendre sans problème et les acheteurs à crédit. Comme tu le verras dans cet article, je conseillerais
    déjà aux acheteurs à crédit de commencer à regarder le marché car une hausse brutale des taux aurait un effet assez négatif sur la rentabilité des opérations meme si cette hausse des taux induit
    une baisse supplémentaire des prix de vente. Ceci est particulièrement vrai en cas d’évolution stagflationniste et non déflationniste à la suite de la hausse des taux car la hausse prévisible des
    rendements locatifs peut également se faire par une hausse des loyers dans un contexte de stabilité des prix de vente et de dévalorisation monétaire. Dans cette esprit, la solution la plus adaptée
    pour les acheteurs à crédit et d’avoir un PEL bien rempli et déjà mur ou un CEL pour reporter son achat et bénéficier demain des taux avantageux d’aujourd’hui. Ce conseil ne vaut bien sur qu’en
    fonction de la situation patrimoniale de chacun.

    Enfin l’achat d’une résidence principale ne se traite pas du tout comme celui d’un investissement pour mise à la location.

  18. Un gérant de Montréal s’attend,lui aussi, à une appréciation de l’or en 2010.Dans l’argumentaire qu’il développe,cette phrase me semble marquée au coin du bon sens:
    « L’or n’est pas seulement une valeur refuge,c’est aussi une monnaie à laquelle aucune dette n’est rattachée. »  Du cash indestructible! De celui dont la Chine,l’Inde,la Russie et bien d’autres
    états regarnissent leurs coffres.

    http://www.boursorama.com/votreinvite/interview.phtml?num=2d7bc916c98dadf17e5e29aeb86bec28

     Marc,qui intervient de temps à autre sur Tropical Bear dirait sûrement: »Comme le yuan! »
     A terme il ne peut pas avoir tort.Mais celui-ci n’étant accessible pour des particuliers qu’au travers d’actions chinoises,il me semble,et même si à terme,elles sont vouées à un brillant
    avenir,on n’est pas,avec elles,à l’abri d’une forte correction.Mais pas avant l’expo universelle de Shanghai,quand même,cela ferait désordre.Et le PC veille.Laxisme et fuite en avant ne sont pas
    son style..

    Peut-être que l’or n’a qu’un ennemi véritable,qui serait une hausse des taux d’intérêt US dans un climat de saine reprise de l’économie…Si l’on se fie aux derniers chiffres de l’emploi,on en est
    encore loin.

  19. Bonjour Bxx,
    Je suis bien d’accord avec Marc sur le Yuan. Certains économistes le voient déjà comme la future monnaie de réserve. Je préfèrerais personnellement les DTS du FMI mais bon … Que penses-tu, dans
    ce cas, de ma proposition de jouer les obligations asiatiques. L’idéal étant bien sur de jouer les maturités courtes moins sensibles à une hausse des taux ou les obligations indexées. Je vais
    essayer d’analyser la répartition des titres présents dans la gamme Pictet que je propose dans le forecast.

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