Bernanke n’est pas un imbécile

Par Jean Christophe Bataille.

http://www.linternaute.com/savoir/economie/dossier/crise-economique-ce-qui-s-est-passe-en-1929/image/crise-economique-325756.jpg

Au risque de me répéter, je voudrais rappeler quelques éléments sur le mécanisme intime de la déflation monétaire car j’ai encore lu ici et là des affirmations qui me choquent.

Il faut rappeler trois règles fondamentales sur lesquelles Bernanke assoit sa politique à mon avis tout à fait pertinente :

– A l’échelle élémentaire, il n’y a pas de pression déflationniste s’il n’y a pas disparition d’un crédit en cours à la suite d’un défaut de paiement
. C’est la disparition d’une dette qui supprime de la monnaie et la réévalue mécaniquement. Si la dette insolvable est rachetée par de l’argent crée ex nihilo il n’y a pas déflation monétaire.

– Il n’y a pas de pression déflationniste, si l’accès au crédit est maintenu et la cinétique monétaire est stabilisée car l’équation 

d’Irving Fisher P =  MxV/T  modélisant l’inflation monétaire reste équilibrée (P le niveau des prix, M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie et T le nombre de transactions pendant une période donnée).
 
– Une spirale déflationniste ne peut pas s’installer si les autorités monétaires réagissent promptement aux défauts de paiement et à la contraction du crédit car les prix  sont stoppés dans leur chute tuant l’espoir de prix plus bas.

Et une règle accessoire :


– Les pressions déflationnistes sont aggravées dans les pays fortement exportateurs car ils sont incapables d’importer l’inflation des prix régnant à l’extérieur (un des handicaps du Japon avec l’absence de réaction immédiate à la baisse des prix).

Il faut absolument distinguer les 52000 milliards de $ de crédit US, chiffre colossal dont l’effet est dépressif mais pas déflationniste, et les créances insolvables qui sont elles déflationnistes et doivent être traités par les banques centrales pour maintenir les flux d’octroi de crédit.

En revanche, le règlement du capital restant dû des crédits en défaut avec de la monnaie crée ex nihilo contient un potentiel inflationniste latent s’il s’avère que le total des crédits toxiques « racheté » se révèle au fil du temps inférieur à celui des actifs douteux, en d’autre terme, si on a sous évalué la solvabilité des emprunteurs ou si pour des raisons moins avouables, on a créé de la monnaie en excès.

Rappelons également que la montée des déficits public qui n’est pas liée aux politiques non conventionnelles de Bernanke présente également un potentiel inflationniste liés à la baisse de crédibilité des monnaies.

Il n’y a donc aucun besoin, comme on semble l’affirmer ailleurs, de pratiquer une expansion monétaire à hauteur de la dette globale US pour éviter une déflation. Cela n’a aucun sens.

Il est en revanche probable que la FED doive, dans les deux années à venir, élargir encore son bilan à hauteur de 1000 ou 2000 milliards de $ pour absorber les actifs douteux restants (chiffres hautement variables en fonction des interprétations)

Que les choses soient bien claires, l’action de Bernanke ne correspond en rien à une fuite en avant du crédit mais une politique conduite contre la déflation qui a permis d’éviter une catastrophe économique. Elle n’empêche pas la stagnation de la croissance, ni l’augmentation du taux de l’épargne des ménages. Le désendettement des états, quant à lui, ne dépend pas des banques centrales mais de la bonne volonté de ces mêmes états. A moins que les banques centrales émettent de la monnaie en excès et favorise la survenue d’une inflation facilitant le désendettement. De ce coté, les USA ont un handicap certain car le financement par l’étranger de leur dette a réduit progressivement les maturités longues diminuant ainsi les effet positifs d’une éventuelle inflation.
 

A l’inverse, les plans de relance par le budget peuvent être considérés comme inappropriés bien que satisfaisants pour l’opinion publique, s’ils augmentent encore la dette globale sans se substituer aux stabilisateurs sociaux. C’est le cas des plans de relance à la consommation auxquels je ne souscris pas.

Ceci ne veut pas dire que la déflation n’aura pas gain cause, bien que je le crois pas, mais cela veut dire que le jugement porté sur Bernanke par certains ne correspond pas à la réalité de son action. 

La confusion est donc grande sur le net ou l’on mélange le keynésianisme et les politiques de reflation monétaire tout en prônant un libéralisme sans limite (je ne parle pas nécessairement d’un blog en particulier mais de toute la communauté déflationniste). Le nombre de gens qui prennent pour argent comptant certaines affirmations contre l’opinion des meilleurs économistes mondiaux continue à me sidérer et motive une nouvelle fois ce type de billet.


21 réflexions au sujet de « Bernanke n’est pas un imbécile »

  1. Bonsoir Jean-Christophe,

    Vous savez probablement déjà ce que je pense de Ben Bernanke et je ne reviendrais donc pas sur le sujet…

    Vous êtes vraiment le « Warren Buffet » français (lui aussi il adore Bernanke!) et ne vous méprenez pas car il s’agit d’un compliment…

    Déflationniste oui je le suis… pour l’instant…
    Et, oui, sur la description des scénarii « futures », vous avez raison mais selon moi beaucoup trop tôt…

    Vous pensez que la Déflation sera courte, je pense qu’elle sera longue mais je vous rejoint sur le fait qu’elle sera plus courte pour les pays émergents (en revanche je réserve mon jugement pour la
    Chine dont je n’exclue pas du tout qu’elle connaisse également un long épisode de déflation, oui je sais que pour vous c’est sans doute une hérésie mais cela demeure uniquement un avis personnel et
    rien d’autre…).

    Et vous faites beaucoup d’honneur aux déflationnistes en parlant de « communauté » car en vérité nous sommes bien peu et, comme vous le soulignez si bien, très peu représentés parmi les Economistes
    « patentés ».

    Mon but ici n’est certainement pas de polémiquer avec vous (les divergences reposant plus sur les durées et les amplitudes que sur l’ordre des évènements) et c’est toujours avec intérêt que je lis
    chacun de vos billets et tous ceux qui sont publiés ici, ne serait-ce que pour m’astreindre à la nécessaire et salutaire confrontation des perspectives (tout comme vous le faites également…).

    Mais je suis néanmoins sûr d’une seule chose à échéance de dix ans: c’est que je ne parlerai pas de « Futures » au passé …

    Et une autre que je souhaite ardemment pour la même échéance: que l’on ait enfin solutionné cette « petite » divergence d’opinions, quelle qu’en soit l’issue…

    Remarquez j’exprimais déjà le même souhait il y a plus de trois ans à l’adresse d’autres « reflationnistes » convaincus (et pas sur le blog auquel vous pensez et qui n’existait pas encore à l’époque)
    et force m’est de constater que le débat n’a guère avancé, les faits donnant raison tantôt à l’une ou l’autre ‘faction »…

    Signé: un déflationniste (espèce en voie … d’apparition? ).

  2. Bonjour Laloose et merci pour ce message. Je crois que la divergence avec Tropical est plus politique qu’économique car si je ne peux pas intellectuellement exclure une poussée déflationniste plus
    prolongée, je pense que la vraie spirale déflationniste qu’aurait provoqué un attentisme de Bernanke serait tout à fait catastrophique pour la planète. La politique monétaire de Bernanke me parait
    parfaitement adaptée à la situation actuelle et il n’y pas de fuite en avant du crédit. La meilleure preuve est que celui ci se contracte.
    On peut juger plus sévèrement les plans de relance mais cela ne concerne pas la politique monétaire et comme je l’ai dit il y a un an, l’action politique subit des contraintes sociales faciles à
    ignorer quand on est pas aux manettes.

  3. Alors effectivement, c’est sur ce point précis que nous divergeons plus clairement.

    Mon postulat et ma conviction profonde, c’est que toutes les actions des Banques Centrales ne font que retarder et à terme renforcer la spirale déflationniste, un peu à la façon des tragédies
    grecques dont les héros finissent par provoquer eux-mêmes les malédictions en voulant s’en protéger…

    Et pour revenir sur l’action politique qui subit des contraintes sociales, notre diagnostic va plus loin dans la mesure où nous énonçons que les décisions politiques sont totalement inféodées à
    l’opinion publique qui est changeante par nature (Ah…, la perspective de ne pas être réélu, nerf essentiel de la Lutte des Places et moteur par essence du processus décisionnel).

    Et il n’est nul besoin d’être aux manettes pour en sentir les prémices…

    J’ai même la faiblesse de croire qu’il est dans notre monde certaines tours d’ivoire où, perdu dans les nuages, il est plus beaucoup plus difficile de voir la direction où le vent pousse les
    feuilles des arbres, surtout en Automne prélude à l’Hiver de Monsieur K., lorsqu’elles sont tombées au sol…

  4. « Mon postulat et ma conviction profonde, c’est que toutes les actions des Banques Centrales ne font que retarder et à terme renforcer la spirale déflationniste, un peu à la façon des
    tragédies grecques dont les héros finissent par provoquer eux-mêmes les malédictions en voulant s’en protéger… »

    Il y a deux crises:
    – L’excès de dette.
    – L’insolvabilité.
     
    Seule la deuxième est véritable déflationniste. Il est tout a fait possible d’envisager un désendettement, donc la solution à la crise de la dette, dans un environnement monétaire équilibré ou
    inflationniste. Lutter contre l’insolvabilité est un devoir auquel répond Bernanke. Faire baisser la dette est un autre devoir auquel ne répondent pas nécessairement les états mais
    il s’agit la d’un autre débat qui me parait souvent confondu chez les déflationnistes qui argumentent en permanence à partir de l’exemple japonais. La chronologie des moyens mis en
    oeuvre au Japon et ses conditions économiques ne permettent pas selon moi de comparer les situations ou de juger à priori du caractère péjoratif du rééquilibrage monétaire mis en oeuvre par
    la fed aujourd’hui.

    C’est le sens de mon article et cette opinion est partagée par la majorité des économiste.

     

  5. Bon je crois que je vais m’arrêter ici car il y a de très fortes chances qu’on finisse ce débat bien après la fin de la « Grande Tribulation »…

    Pour résumer ma pensée et faire court, je pense que les moyens mis en oeuvre actuellement sont des remèdes conçus pour une crise de liquidité et appliqués à une crise de solvabilité…

    Je n’espérais pas le moins du monde vous convaincre (et je suis persuadé que vous n’y comptiez pas non plus me concernant…).

    Les thèses sont posées, le débat continuera sur d’autres blogs avec d’autres intervenants et la réalité au final tranchera…

    …et l’on finira comme toujours par s’apercevoir qu’il y avait des parcelles de vérité dans chaque posture…car c’est l’imposture de la prétendue vérité incarnée en une seule entité qu’il faut
    avant tout bannir et fuir…

    Sur ce, bonne continuation (est-il encore utile de vous le souhaiter puisque vos billets prolifiques attestent au demeurant d’un réel enthousiasme et d’une authentique passion) et très bonne soirée
    à vous et aux associés du site que je salue pour la qualité de leurs analyses et la valeur ajoutée de leurs contributions désintéressées (spéciale dédicace pour Daniela qui l’a récemment souligné).

  6. Bonsoir,

    J’ai apprécié ton billet JC et c’est pour cettte raison que je me permets de poster ici après tout ce temps.

    Je pense que l’on devrait prochainement constater une croissance bien différente entre les états du sud et les états du nord de la zone Euro, ce qui va compliquer la tâche de la BCE dans la
    « définition de la politique monétaire globale » que certain sur d’autres blogs ne souhaitent plus « comprendre » voir apprendre.

    Nous ne verrons plus les plus bas de mars 2009 car la reprise est bien en route, mais elle sera inégale entre certains états, et les catastrophistes et les cassandres feront encore parler d’eux car
    ces inégalités feront peur.

    En mars nous verrons probablement un retrait des mesures anticrises de la Banque Centrale Européenne qui « instaurera » une inflation progressive. Il n’y aura donc plus d’inflation négative (L’Europe
    ne sera jamais le Japon, roi de l’exportation où le terme « déflation » est plus exact).

    Les crédits qui demeurent encore rares dans notre zone euro vont reprendre très prochainement et de façon même exponentielle.
    Les mains fortes se placeront en masse sur les actions et d’ici à deux ans la situation économique aura … évolué. Merci au QE et à Ben hélicoptère.

    En 2012 « ils » trouveront bien la solution pour contourner le traité de Maastricht et nous verrons alors la planche à billet fonctionner en zone euro comme Ben en zone US.

    Agir, pour construire l’avenir de demain … est le titre de mon dernier billet.

    Bonne semaine à tous.

  7. JCB, peut-etre Bernanke n’est pas idiot, mais la maniere dont les politiques monetaires ont etais conduites ces 10 derniers annees montre qu’il est au moins naive. C’est l’opinion que je me suis
    fait, c’est pas moi, le petit nul, qui va tirer une conclusion pareil.

    N’oublie pas que Geithner etait lui aussi a la tete de la FED de NY en 2008. C’est pas du tout claire que ce mec a fait (et ama Bernanke etait en contact permanent avec Geithner) et les preuves
    s’acumullent contre lui.

    http://globaleconomicanalysis.blogspot.com/2010/01/77-fraud-money-laundering-insider.html

  8. Bonsoir Dacian,

    Je vais être d’accord avec toi sur ce point. Bernanke a eu des responsabilités dans l’augmentation de la dette privée américaine. Il n’a pas vu comme Greenspan que la désindustrialisation
    alimentée par des parités monétaires inappropriés avec les émergents nous conduisaient dans le mur.

    Sans disculper Bernanke, tous ces gens ont des réactions de banquier centraux. Or il fallait des réactions politiques avec de vraies négociations à l’OMC sur les taxations et les parités
    monétaires. Bush était bien incapable de comprendre ça !

    Le cas Geithner est un peu différent car il est inféodé aux banquiers de Wall Street.

    Je n’appréciais pas beaucoup le discours de Sarkozy et d’autres sur les traders l’an dernier en revanche j’ai beaucoup aimé son allocution à Davos qui a décrit exactement les dysfonctionnements
    de la mondialisation qui ont conduit à la situation actuelle. La prise de conscience est en train de se faire et la suite de la crise doit apporter des solutions politiques. Le monde ne peut
    pas vivre avec des déséquilibres pareils entre l’occident et les émergents.

  9. Merci pour cet excellent post JCB. Effectivement, Bernake a fait son boulot mais malheureusement, cela permet aux politiques de ne pas faire le leur… Dur dur d’anticiper la suite, qui dépendra
    essentiellement de ce qui se passera du coté des émergents.

  10. bonjour Jean Christophe,

    J’ai du mal à comprendre un point essentiel de la creation monétaire:
    une banque crée de la monnaie quand elle accorde un crédit. Cette monnaie est détruite lorsque le credit est remboursé. Mais dans le cas où la dette ne peut être remboursée pour cause
    d’insolvabilité, comment cette monnaie est elle détruite?

    En fait, ma question se reporte à la première règle que tu énumères dans ton post: « c’est la disparition d’une dette qui supprime de la monnaie ».
    Je pensais que la monnaie etait supprimée uniquement dans le cas où la dette était remboursée. D’après moi, si elle n’est pas remboursée mais qu’elle disparait pour cause d’insolvabilité, la
    monnaie créée reste en circulation.

    Merci d’avance pour tes éclairsissements.

  11. Cet aspect du crédit bancaire moderne est peu connu. Quand un banquier accorde un crédit, il ne le fait pas avec ses dépôts. C’est une simple ligne qu’il crée et porte à l’actif de son bilan.
    Elle s’approprie cet actif car il est garanti par ses fonds propres qui ne doivent pas être inférieurs à une certaine proportion des encours de crédits (1/8 d’après les accords de Bâle. 1/30 dans
    la réalité pour certaines banques). C’est le même système de réserves fractionnaires que celui dont jouissent les banques centrales. Le crédit est donc un élément essentiel de la
    création de monnaie. C’est pourquoi plus les taux sont bas, plus il se crée de crédits, donc de monnaie. Si les réserves bancaires étaient pleines, il n’y aurait pas eu une inflation pareille ces
    30 dernières années.

    Voir le monde est inflationniste

  12. je comprend bien la création monetaire. Ce que j’ai du mal à piger, c’est la déstruction monetaire.
    Comment peut on détruire de la monnaie (théorie déflationiste) si les dettes ne sont pas remboursées?

  13. Je comprends la perplexité de Flipfop.

    Je pense qu’il est plus « correct » d’un point de vue « conceptuel » de voire les choses ainsi: un crédit est toujours remboursé. Si l’emprunteur fait
    défaut, quelqu’un va devoir assumer la perte, ce qui est équivalent à rembourser le crédit à la place de l’emprunteur.

    Dans sa comptabilité, pour annuler la valeur du crédit (l’actif qui est associé à cette dette), la banque va devoir imputer la perte de valeur sur quelque chose.
    Ce sera soit:
       – prélevé sur les bénéfices de l’exercice
       – sur les fonds propres
    Dans ces cas, c’est l’actionnaire qui a indirectement remboursé le crédit (en voyant leurs dividendes réduits).

    Si la banque fait faillite, ce seront les créanciers qui rembourseront indirectement les crédits (en récupérant moins que leur dette, ce qui créera la même cascade chez eux).

    En dernier ressor, la banque centrale peut « rembourser » le crédit, en le rachetant à la banque (directement ou indirectement).

    En fait, à ce moment là effectivement l’argent créé par le crédit n’est jamais annulé, et il y a augmentation permanente de la masse monétaire. Dans ce cas de figure, la dette a été
    « monétisée »: tous les contribuables ont remboursé le crédit, en étant indirectement « prélevés » via la réduction de la valeur de la monnaie.

  14. A Marc, merci pour ta précision. Je rajouterai que c’est le delta entre le capital restant du et la valeur vénale du bien (actuellement le plus souvent inférieur à montant de l’hypothèque) qui fait
    réellement défaut.

  15. absolument, soyons précis jusqu’au bout :-)

    La valeur vénale du bien correspondant à ce que la banque va récupérer en saisissant le bien et en le vendant en vente publique, la perte réelle que la banque doit acter sur le crédit est égal au
    solde du capital restant du moins la valeur vénale.

    Une bonne banque s’arrange pour que la valeur vénale permette toujours de rembourser le crédit. Mais quand le marché immo est en chute libre (parce que plein de banques mettent en vente publique)

  16. C’est pourquoi d’ailleurs une bonne banque ne devrait pas prêter plus de 80 % de la valeur vénale du bien.

    De cette manière, même si l’emprunteur fait défaut dès le début du crédit, elle est quasi assurée de récupérer ses billes (sauf guerre civile ou excès de subprime, il est rare de voir un bien
    immobilier perdre 20% en un an…)

    Malheureusement, en période de hausse soutenue des prix, et face à la pression des actionnaires et de la concurrence, les banques doivent produire plus de crédits pour générer plus de bénéfices, et
    pour cela il n’y a qu’un seul moyen: assouplir les conditions d’octroi, c’est à dire augmenter le risque … Jusqu’à ce que le marché finisse inévitablement par se retourner.

    L’augmentation de la prise de risque est une dynamique inhérente et inévitable à un système de concurrence privée entre établissements de crédits et de maximisation des profits.

    D’où la nécéssité d’établir des règles prudentielles strictes, et de pouvoir tolérer les faillites bancaires. Sinon, on a une singerie de système privé où les pertes sont épongées in-fine par le
    contribuable, et pas comme cela se devrait par les investisseurs privés.

    Il est assez ironique (décourageant ?) de voir que l’opinion publique villipende tantôt les banquiers qui prennent trop de risques, tantôt ceux qui sont trop stricts dans l’octroi de leurs
    crédits.

    C’est un métier ingrat: toujours détesté de l’opinion publique.
    C’est pour cela que les banquiers sont cramponnés à leurs salaires: c’est leur seule source de gratification ! 

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